22.02.18

Promesses de Lune

Les nuages sont à deux doigts d'enfanter une tempête, la pluie s'abat abondamment sur la capitale. Il est 4h30 quand je quitte mon sommeil pour rejoindre à pieds, chargé de mon attirail et d'une ardente lueur d'espoir, un lieu sacré.

L'agitation est vive, passagère, instinctive. Les phénomènes de basses pressions et le léger refroidissement annonçant l'arrivée de l'automne affectent favorablement le comportement des poissons. Je décide de partir seul, en quête de vieilles rencontres, de nouvelles. On n'est jamais vraiment seul à la pêche.

Fortifiant toujours un peu plus le siège de mes croyances le calendrier lunaire annonce que nous sommes à deux jours de la nouvelle Lune. Voilà des années que cet alignement m'a gratifié de mes plus beaux trophées.
L'eau dégouline de mon imperméable. Esseulé par l'effort du transport de ma charge, et contraint de subir les assauts de l'orage en place, je fais maintenant face à une eau violente, musclé par le vent. J'entame ma quête en commençant par avoiner avec parcimonie les 3 spots. Deux montages rejoindront des zones fortement encombrées, le troisième baignera dans le lit du fleuve. En guise de joker, une 4eme canne, lancé à l'instinct, repose à même le bitume, totalement en dehors du coup. Là ou certain ne jure que par la pêche à deux cannes, je préfère ne pas céder à l'effet de mode. Intiment convaincu par l'aspect statistique présenté par ma mise en place, l'attente commence.

Cette fabuleuse ville où tout s'accélère la nuit tombée.

Du bonus.

Entamé par mes 3h de sommeil, accusant le coup sous une pluie battante, l'impatience me gagne, je suis confiant. Il est 5h45 lorsque mon joker entre en jeu pour remporter le pli ultime de cette partie. Le bruit métallique du moulinet est implacable, le poisson avale les mètres sans discontinue pour filer vers l'obstacle redouté à toutes berzingue. L'adversaire est coriace, je subis les assauts du premier round avec un "tankage" sans appel en guise de temps mort. Interminables les minutes passent. Dans un dernier élan de désespoir, j'oriente ma canne différemment, je tire, ça frotte, ça vient !
Libéré, le plomb a sauté et déjà le poisson crève la surface. La nuit sommeil et j'aperçois dans les premières lueurs du jour une géantes qui illumine mes rétines, desséchés par habitude, de ces grosses écailles. Clair de lune de ma pensée, mes rêveries ont pris vies. C'est une miroir.

La masse repart de tout son poids dans un ultime rush. Au même moment, l'agitation provoqué par une bande de teuffeurs alcoolisés m'interpelle. Je me retourne, une bouteille siffle à mon oreille. La jeunesse s'ennuie alors la jeunesse détruit. Imperturbable mon humeur est à la fête dans cette bagarre, et j'ai choisi mon combat avec la pêche pour seul remède. Du haut des 4 mètres de quai me séparant du poisson, une corde fixée au pieds, l'autre à la main, je lance mon système d'épuisette à la baille. Désormais mon esprit est a la concentration plutôt qu'à l'estimation. Troisième tentative, elle est dedans, c'est une géante !

Qu'importe la météo, tout bien pesé, le meilleur moyen de contrer la pluie c'est de changer de ciel. Tandis que je maintiens ma chimère captive, mon joker est remis en jeu, accompagné d'une paire gagnante de Wafter Ib essential. Une heure plus tard, j'épuise un nouveau poisson, une commune imposante suivie d'une autre plus modeste. Encore sur cette même canne.
Cette fois ci, aucune décroche n'est à déplorer. Après avoir fait le tour de divers montages, j'en fini avec les tests. Je m'en tiendrais désormais à un basique qui ne m'a pas fait défaut : un bas de ligne rigide en Boom qui vient ligaturer un cheveu souple sur un Kontinental.
Sans rature, je quitte ma Seine pour men allez travailler, je suis comblé, plus rien ne compte.

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