05.02.14

AU GRES DES VENTS !!!

par Romuald Bayon.


Il y a quelques temps de cela, une envie très forte de retrouver les berges après quelques semaines de disettes me convainc d'aller prendre l'air. La voiture est chargée et je m’éloigne peu à peu de chez moi pour quelques jours sur les rives d’un lac de près de 100 ha. En plein cœur de l'hiver, je me contente d’un spectacle où les arbres sont nus, les berges désertes de promeneurs où bien même de pêcheurs. Le silence est de mise et c’est ce qui fait le charme de cette saison. Connaissant un peu le lac je me poste dans un bras qui est pour le moins assez long et large pour s’ouvrir sur une grande partie du lac et qu’il est possible d’aborder du bateau ou du bord. Après gonflage du pneumatique, je pars à la rame muni de mon échosondeur à la recherche de la nature du fond et de ses profondeurs. Je pose mon premier repère sur la rive face à moi avec des branches immergées, ce qui me semble être intéressant. Mon second repère est placé dans le lit du lac où la profondeur avoisine les 4.5m. Je ne sais pas encore sous quelles profondeurs les carpes vont être amenées à se nourrir ce qui me pousse à miser sur deux spots.
En ce début de saison, je suis un partisan des petits appâts accompagné d’un tapis de graines comme le chènevis, graines pour oiseaux mélangées à des farines. J’aime faire ma mixture auxquelles je vais ajouter un petit plus sur mon esche avec l'ajout de pâte d'enrobage autour de mon appât de 15 mm. Il m’arrive parfois d'additionner à cela quelques billes écrasées en fonction de l’appétit, de l’activé éventuelle des poissons. Tout cela en petite quantité car au vu de la fraicheur de l’eau qui avoisine les 8 degrés je ne cherche pas à blinder mais à créer une petite zone d’amorçage.
La nuit tombe, mes cannes sont tendues et c’est avec un bon plat chaud que je me blottis dans mon duvet pour cette première nuit. Ce n’est qu’à 4 h que mon premier départ se produit avec à la clé une carpe miroir de couleurs vives sur le spot où la profondeur est la plus importante. Durant cette journée, mes détecteurs restent muets avec peu de signe d’activité si ce n’est le vent de Sud qui se fait sentir de plus en plus. A mon grand étonnement, le vent est doux et amène avec lui une pluie de nuages et quelques averses éparses.
Au petit matin, je me lève et repart tendre mes lignes au plus pressé. Je vois que la météo se gâte alors je décide de forcer sur une petite quantité en plus au niveau des micros graines. Je l’ai bien compris, il va me sembler difficile de réamorcer en bateau aujourd’hui. J’ai du mal à déposer mon dernier montage précisément car le vent me balaye et m’entraîne en force dans le bras. Le temps s’écoule et la pluie s’estompe peu à peu laissant place à quelques timides éclaircies. Le vent quand à lui ne cesse de frapper ma berge accompagné de petites vagues qui viennent s’échouer les unes après les autres sans jamais baisser de rythme. En observant à la jumelle la grande partie située à l’opposé, je m’aperçois que la force du vent est bien plus conséquente et que finalement je ne suis pas si mal dans mon coin. Difficile de déceler de l’activité en surface avec ces conditions et pourtant soudain mon Stow joue du yoyo et s’excite à son maximum. D’un coup d’un seul je bondis sur la canne et prend contact. Le Mano à Mano peu commencer, ni l’un ni l’autre ne compte laisser de répits, pas même mon IQ en 20 lbs et mon hameçon wide Gape X de taille 6. Au bout de quelques minutes, elle n’est qu’a quelques mètres et je la contemple bercée par les vagues se dirigeant dans mon filet d’épuisette. Je jette un léger coup d’œil et me rend compte que c’est une magnifique commune comme je les aime avec un écaillage et une couleur magnifique. J’ai l’envie soudaine de laisser éclater ma joie mais je me contenterai d’un murmure qui me confortera dans ma motivation. (Oui, il m’arrive parfois de parler tout seul).
A peine le temps de prendre les photos et de remettre le poisson à l’eau que pour la deuxième fois ce matin, j’entends mon détecteur qui s’emballe. Encore une fois à ce moment, il m’est difficile de pouvoir jauger le poids tellement le vent brasse l’eau. En définitive, je saisi ma chance et profite de chaque instant. Mon stock de billes fraiche ne cesse de diminuer malgré le peu de rappel que je fais et si cela continue je vais finir par pêcher à la goutte d’eau. Les gabarits des poissons sont variés avec des générations toutes aussi jolies et portant un charme différent de la plus jeune à la plus ancienne. Mon appareil photo installé sur un pied prend chère avec ces averses même si j’essaye de faire au plus vite.
La fin de journée approche laissant place à un calme plat qui me fera tomber de fatigue dans mon bedchair. La furie est passée et ce n’est que le lendemain sous un soleil radieux que je toucherai mon dernier fish d’une robe qui englobe les multiples couleurs que j’ai pu avoir sur les derniers poissons. Comme si mon spot m’avait donné tout son potentiel, il marquera là un point à ma session.
Pour conclure, je dirais que notre passion nous fait vivre des instants de grâce. Des moments unique, fort de sensations partager ou pas avec un compère qui nous fait oublier parfois quelques capots mémorable. C’est dans ces situations que je repars gonflé à bloc pour de nouvelles aventures tantôt sous le soleil, tantôt au gré du vent et de la pluie …..

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