19.02.14

Au pays des mille et une communes !!!

par Romuald Bayon

La rivière reste pour moi la meilleure source d'évasion. Elle possède un charme inégalé et même si aujourd'hui mes cannes ont été tendues dans de nombreuses eaux, la rivière reste ma destination de prédilection. L'opportunité pour moi de pêcher sur un secteur où je rêvais de tendres mes lignes allait enfin arriver.
Un site magnifique formé d'une grande plaine peu profonde au fond plutôt vaseux sur une grande partie avec des abords plus caillouteux. Sur l'eau, on remarque immédiatement des bancs de nénuphars et des bois morts le long de la rive, bref tout pour offrir aux carpes des refuges. Sur le parcours que je fréquente, la pêche de nuit est interdite mais heureusement les carpes répondent bien en journée. Ces poissons sauvages ne subissent pas de pression de pêche et cela facilite mon approche. J'effectue au préalable des séances d'amorçage durant la semaine, garnis d'une bonne quantité de maïs et aussi avec parcimonie de bouillettes. J'ai bien sûr judicieusement choisi l'endroit où je répands avec précision mes précieuses billes avant le jour J. Parvenir à déceler la présence de carpes nécessite de longues heures de recherche. Les berges n'étant pas accessible à pied je pêche depuis un bateau. Le coup que j'entretiens se trouve à une soixantaine de mètres devant moi et c'est donc depuis mon embarcation que j'effectue mes lancers. Lors de mon repérage des indices m'ont confirmé la présence de carpes. Cependant retenir des poissons sauvages qui parcourent plusieurs kilomètres et à qui le milieu procure tout ce dont ils ont besoin n'est pas chose aisée. Je mise sur l'amorçage détaillé précédemment pour inciter les carpes à rester dans les parages. Ce qui est excitant dans ces eaux, c'est que l'on ne sait jamais à quoi s'attendre. Sur le boat, je pêche à deux cannes car je n'ai pas beaucoup d'espace, mais cela suffit bien et surtout les poissons peuvent nager en toute confiance et s'alimenter sur un large périmètre sans risques de heurter trop de fils tendus dans l'eau. Je pêche avec un montage blowback composé d'un appât de 20 mm surmontée d'une flottante de 14 mm qui sera bien visible sur le lit de vase. Les lignes sont à l'eau et mon premier départ ne se fait pas attendre. Après un combat difficile durant lequel je ne laisse quasiment pas de répits à la carpe en maintenant le frein du moulinet serré, je finis par glisser dans l'épuisette une jolie commune tout en longueur. Premier combat gagné, petite séance photos et remise à l'eau quelques instants après. En rivière mieux vaut être monté costaud pour éviter de casser. D'autant qu'autour de moi branches et nénuphars sont présents en abondance. Dans mon approche je laisse toujours une distance de sécurité entre mon montage et l'obstacle pour me laisser plus de chance de faire un sans faute.
Dans la journée, d'autres communes me livreront à leurs tours de superbes combats qui feront plier mes cannes à leurs maximums. J'ai mal au bras tellement la force de ces carpes qui ne lâchent rien est à la mesure de cette grande rivière. Dans ce genre de configuration, les détecteurs n'ont pas le temps de sonner qu'il faut déjà être sur les cannes pour prendre contact avant que le poisson ne rejoigne les nénuphars.
Quelle joie de faire face à cette immensité et d'y déloger ses habitantes, de contempler cette nature si sauvage qui, je l'espère, restera le plus longtemps possible intacte. Bref, je suis comme un gamin, innocent de plaisir que me procure cette pêche de l'inconnu, au pays des mille et une communes.

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