05.09.16

Chaleur urbaine

Marquée, balafrée, la Seine porte les stigmates de la crue qui ,quelques semaines plus tôt, tentait d’engloutir Paris. La diminution du débit ayant permis aux eaux de se réchauffer et aux herbiers de pousser, les poissons se mirent rapidement à frayer. L’envie de faire glisser mes fils est tenace, mais je dois pourtant faire face à la réalité, les conditions sont à mille lieues de mes attentes. Exigeant, peut-être à cause de mon faible temps de pêche, il me parait essentiel de consacrer mon énergie sur les moments où les conditions sont réunies.
Nous sommes à la mi août et malgré mes a priori sur cette période, je décide d’amorcer une zone me paraissant adaptée à la saison. Par anticipation, je me prépare déjà à sortir du silure et des communes calibrés. Les épisodes de fortes chaleurs ne m’ont que rarement gratifié de mieux. Sait-on jamais.
Il est 18h10 et j’installe mon attirail. En guise de piqure de rappel, j’arrose avec parcimonie l’amont de la zone tant convoitée. Située à la sortie d’un pont, l’eau est parfaitement brassée par le courant et les obstacles sont omniprésents. Des péniches à la coque farouchement aiguisée, des éboulis d’un ancien pont écroulé, des cordes plongeantes, le décor est installé. Je suis dans mon élément.

Quand le paysage encourage à l'effort physique...

Localiser le poisson est une chose, s'assurer de sa sécurité en est une autre.

Adepte de ce type de présentation en eaux vives, chacune de mes lignes est ornée d’un bonhomme de neige solidement arrimé par un Grippa de 300gr. Accordant une importance toute particulière à la libération du plomb, je décide d’utiliser les clips plomb Hybrids qui seront reliés à une terminaison très agressive, composée du XT Snag Leader en 50mm et d’un hameçon Kontinental fort de fer et à pointe droite.
Les montages rejoignent, tour à tour, le lit du fleuve, une cassure et le long d’une péniche en bordure. Dès les premières minutes les silures répondent présent et viennent me saluer à leur façon. Après avoir essuyé les résidus persistant de mucus de mes mains, je me remets des 4 touches consécutives… de silure ! Une bonne heure et demie passant dans le calme que l’on connait à la ville, je ferre un départ violent pour enfin reconnaitre le bon adversaire. Le combat est violent, le poisson est là juste sous la surface, emmêlé dans une maudite corde. Malgré mes tentatives de mise à l'épuisette, le poisson finit par se décrocher. Le hasard n’a pas sa place dans ce type de pêche extrême. La moindre erreur d’appréciation se paye sans autres formes de langage. Désabusé par cette tournure, j’ai confiance, les carpes rentrent sur le coup.

Deux heures passent avant que je rencontre enfin ma première carpe, une très belle commune. La nuit me permettra d’avoir la chance d’intercepter deux de ces sœurs accompagnée de ces mauvaises fréquentations, trois autres matous.
Sous mes paupières brulées par l’insomnie, on pouvait apercevoir une étincelle de gaieté, la séance photo débute aux aurores, le pari est réussi.

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