15.05.14

Deux sauvages en liberté...

Par Olivier Soulier et Eric Deboutrois


Cela faisait bien trop longtemps qu'avec Eric nous n'avions partagé une session comme nous les aimons : au bord d'un lac de belle taille du domaine publique, avec assez d'hectares devant nous pour éviter la claustrophobie et laisser place à un véritable mystère qu'aucun étang ou gravière ne peut vraiment offrir. Ici tout est possible !

Nos agendas bien chargés ne nous laissaient qu'une seule semaine ce printemps, à cheval sur avril et mai. C'est toujours une période compliquée à appréhender pour la pêche de la carpe : selon les conditions météo, le frai* peut parfois être commencé et les poissons sont généralement très lunatiques. Pour corser le tout, le lac que nous allons pêcher n'est pas réputé pour permettre un repérage aisé : les signes visibles de poissons en activité (saut, marsouinages, etc.) y sont quasi-inexistants quelle que soit la période, et dans cet univers minéral de lac de barrage les frayères ne sont pas aussi localisées qu'en plan d'eau.

Nous pratiquerons donc une pêche d'interception, en explorant des profondeurs variant entre 1m et 15m de fond. Le poste (une pointe) nous offre un angle de 220° permettant de pêcher confortablement à deux et à quatre cannes chacun. Certains penseront que 8 cannes à deux pêcheurs c'est beaucoup, et que cela fait trop de fil dehors... C'est probablement vrai lorsque l'on pêche un plan d'eau de taille "classique" fréquenté par d'autres carpistes, mais dans le cas présent nous avons plus de 50 hectares pour nous seuls, soit un ratio cannes/hectares infiniment plus faible que ce que l'on peut voir dans n'importe quelle gravière ou étang commercial, ou même publique parfois.
Après quelques passages en bateau pour explorer la zone, nous avons fait notre choix parmi les très nombreux spots possibles. Nos montages sont sensiblement différents (à découvrir dans la rubrique "vidéos" du site) mais la philosophie est la même : du solide, assurant une totale sécurité pour les poissons en cas de casse.

Les conditions de pêche imposent d'être montés costaud : tresse en corps de ligne (on en reparlera très bientôt...), tête de ligne en 70 centièmes (là-aussi nous en reparlerons...), bas de ligne en Armakord 30 ou 50lbs et hameçon Kontinental . De quoi affronter sereinement les fonds chaotiques et les carpes puissantes qui y vivent. Les esches, bouillettes flottantes et/ou appâts artificiels lorsque les écrevisses sont actives, sont franchement décollées pour rester pêchantes au milieu des pierres. Nos montages resteront en place très longtemps, il est donc crucial de ne pas pêcher "à la goutte d'eau" ! L'amorçage se fait en assiette, tout en distribuant plus largement nos bouillettes sur la zone pour mettre les carpes en confiance.

Nous partageons les départs selon le principe suivant : le premier départ est pris en charge par le propriétaire de la canne, le second par l'autre pêcheur quelle que soit la canne, et au troisième départ les compteurs sont remis à zéro et c'est à nouveau le propriétaire de la canne qui ferre et combat. Au final nous n'aurons même pas à réfléchir puisque les départs seront parfaitement alternés entre nous : chacun prendra une carpe à son tour et sur ses cannes.

C'est Eric qui ouvrira le bal le soir même et piquera d'emblée ce qui sera le plus gros poisson de la session : une miroir ronde et dodue prise en bordure opposée. Le lendemain au réveil c'est à mon tour de prendre une miroir de belle taille avec de superbes écailles. Nous prendrons au total une dizaine de poissons, avec des formes et des couleurs très variées comme souvent en lac de barrage : rondes ou longues, claires ou très sombres, miroirs ou communes, toutes sont au rendez-vous !

Malgré la météo classiquement humide à cette période, la session est passée bien trop vite comme toujours. Avec pour moi une saveur particulière puisque j'ai appris au bord de l'eau une importante nouvelle professionnelle, fêtée le soir même au champagne grâce à l'arrivée de notre ami Stéphane venu passer deux jours sur le lac. Nous en repartirons tous avec de beaux souvenirs et de belles images à vous faire partager ! Deux vidéos arrivent d'ailleurs très bientôt sur le site ...


* : je profite de cet article pour préciser (ou rappeler) que le mot frai, désignant la période de reproduction et de ponte des poissons, est un mot masculin et non pas féminin comme on le lit trop souvent... et qui s'écrit sans "e".

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