12.07.14

En mai, fais ce qu'il te plait !

Par Antoine Marchant

En ce premier week-end de Pâques, je décide de me rendre sur une eau que je n'avais pas pêché depuis trois semaines. La météo des derniers temps a compliqué les choses, les poissons sont prêts à frayer depuis mi- Avril, mais depuis deux semaines les températures ont chuté, accompagnées de nombreuses pluies faisant baisser la température de l'eau .

Ce samedi, le temps est ensoleillé mais le vent du Nord est encore soutenu. Je gonfle rapidement mon pneumatique en prenant le minimum de matériel. La rivière est haute, elle traverse le plan d'eau et il y a un fort courant. Il me faudra ramer durant 20 minutes avant d' y arriver, un peu avant midi. Je décide de mettre un plomb grippa de 150 grammes sur mes clips plomb hybrid et mes montages sont réalisés avec la N-trap soft 30 lbs terminé par un hameçon kontinental taille 6 et 4 pour faire face à des poissons sauvages et puissants.

Une canne est placée près d'un arbre immergé en face de moi et la seconde canne ira sur ma gauche à la limite du fond mou et du fond dur pour tenter d'intercepter les poissons. Je coupe une dizaine de bouillettes par canne à l'aide du kutter pour que celles- ci ne roulent pas avec le courant ainsi qu'une poignée de tiger par canne .

Mes deux cannes rapidement placées, j'en profite pour manger. Il n' y aucun signe d'activité. Quelques branches dérivent sur le plan d'eau sans se prendre dans mes lignes .

Après deux heures d'attente le scion de ma canne de gauche se plie violemment, je ferre et à cette instant ma deuxième canne démarre, je me retrouve avec une canne dans chaque main! Par chance la première se décroche, m'évitant ainsi quelques galères! Je combat la deuxième qui essaie de se mettre dans des arbres, sur ma bordure de droite, il me faut brider pour éviter qu'elle ne se tanke. Le poisson tourne et revient vers moi, il monte en surface. Il s'agit d'une belle linéaire, à cet instant mes jambes tremblent de peur de la décrocher! Après quelques rushs et quelques sueurs, je la glisse dans mon rétention sling. Come on !

Je replace et réamorce mes deux cannes avant de prendre quelques photos de ce beau poisson sauvage et je lui fais un dernier baiser avant de le relâcher !

Il me faudra attendre longtemps pour avoir un second départ près de l'arbre immergé, le combat sera moins difficile et je mettrai une miroir au sec .

La canne est replacé et deux poissons sautent sur ma gauche en plein courant mais je ne peux y placer une canne à gauche d'un arbre .

Je décide de remballer en début de soirée content de ma pêche .

Dimanche après midi, le soleil est au beau fixe et je décide d'en profiter en me rendant sur un autre plan d'eau qui m'a livré de belles linéaires et fullys durant mes dernières pêches. L'accès est difficile, j'enfile mes waders avant de traverser la forêt. Rapidement je constate qu'il y a de l'eau dans la forêt. Je traverses mare et autres troncs et j'arrive enfin sur la presqu'île. L'eau est fortement montée depuis ma dernière pêche. Moi qui pensait me mettre en sandales, c'est loupé! Il me faudra rester en waders. L'eau est troublée et je ne vois aucun signe : ça s'annonce compliqué! Le fond est vaseux. Je monte un montage hélicoptère sur mes deux cannes, avec un court bas de ligne en N-trap soft 30lbs terminé par un wide gape x taille 4 monté en blowback rig esché d'une Mainline Ib avec une pop up et pour mon second montage un dumbell Hybrid avec une demi pop up rose du même parfum. J'enfile un stick sur chaque montage, une est placée près d'un petit ilot et la seconde face à moi .

Je suis seul au bord de l'eau, j'observe la nature qui m'entoure et je me sens bien. Une heure après m'être installé, un poisson s'est retourné juste sous mes scions, incroyable! puis un deuxième derrière moi, le long de la presqu'ile où je suis. D'abord un peu surpris, je trouve ensuite l'explication: ils viennent y chercher les vers de terre et autres larves qui se sont retrouvé piégés avec la monté des eaux. Ma canne près de l'ilot démarre en trombe je ferre rapidement le poisson. Il essaie de faire le tour de l'îlot mais je parviens à le ramener vers moi. Le poisson montre quelques signes de fatigue mais d'un coup il me fait un rush puissant et c'est la décroche. Un peu dépité, je remets un stick et quelques Frolics et ib près du montage. Les heures passent et rien ne se passe hormis des poissons qui viennent se retourner à moins d'un mètre de moi. Je décide de relever ma canne de droite et je la place à la main à la pointe de l'îlot et j'y mets quelques petits pellets Mainline et Frolic. 30 minutes plus tard, cette canne démarre, je rattrape la canne in extremis avant qu'elle ne parte à l'eau. Le poisson est très puissant et semble joli. Je ne parviens pas à le faire revenir vers moi, le fil frotte contre les arbres, la carpe claque en surface et c'est la casse. Il est 18h30, je refais rapidement un montage et replace la canne. Quelques minutes s'écoulent et mon autre canne démarre. Après quelques rush, j'épuiserai une petite commune qui me consolera un peu. Les poissons semblent commencer à rentrer dans la baie et je pense que ça vaut le coup de rester encore.

La nuit commence à tomber et je dois remballer parce que j'ai encore du chemin en forêt pour rentrer. Je relève d'abord la canne de droite, je traine un peu pour remballer. alors que j'allais relever ma dernière canne j'aperçois deux coups dans les scions puis le poisson démarre. Celui-ci est moins rapide et les coups de tête sont plus lourds. Je crains de décrocher ou casser. La carpe arrive vers moi, c'est une belle commune bien plus grosse que la moyenne du lieu que je fini par glisser dans mon retention sling. Je prends quelques photos et me mets dans l'eau pour rester et relâcher ce poisson de rivière qui regagnera tranquillement la baie. Quand à moi, je me dépêche de traverser la forêt pour rentrer avec le sourire aux lèvres .

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