30.01.17

Entre brume et brouillard

Chaque année pour beaucoup d’entre nous, c’est toujours le même rituel. La fin d’une nouvelle saison, comme ici au cœur de l’automne, révèle en nous une renaissance d’espoir et d’entrain. Quant à la possibilité de pêche hors norme et la capture d’une ou plusieurs carpes tout autant hors norme.

Cependant et depuis quelques temps, cela s’avère plus compliquer de parcourir son ‘chemin de crois ». même si l’envie est toujours la même, les obstacles sont plus nombreux et plus difficiles à franchir. Tout dépend du contexte d’eau à laquelle on se dirige pour mener à bien cet automne magique !. sauvage et discrète !. Ou bien tout autant brut, mais soumis à la concurrence. Le manque de stabilité du climat, l’abondance homogène de la nourriture naturelle. Surenchérit par le manque d’hiver, d’une année à l’autre. Egalement la surpopulation de différents nuisibles envahissant les eaux ca et là. Avec cette même surpopulation, mais cette fois de nombreux pêcheurs de carpes. Complique indéniablement les choses, et les temps d’alimentation ou de repos, de la part des carpes sont de plus en plus réduits !
Comme ici, en plein octobre 2016, nous nous retrouvons avec mes amis Olivier et Mathieu, pour une pêche de plusieurs jours. Pas toujours simple de se retrouver chaque saison ! En raison de nos habitations plus ou moins éloignées, et des disponibilités professionnelles. C’est désormais chose faite, et nous avons jeté notre dévolu sur une surface d’eau de superficie honnête, et connue par nombreux d’entre nous. Et de ce fait, fréquentée toute l’année.
C’est un défi, que l’on n’hésite pas à relever, et que je fréquente plusieurs fois ( avec MATHIEU) par ans !
Nous nous installons sur une large pointe qui se démarque nettement, de la physionomie générale du plan d’eau. D’un point de vue stratégique, c’est un poste très intéressant ! Cette avancée permet aisément l’accès à une grande île sans effort. D’accéder également sur les virages gauche et droite de cette dernière. Passage évident d’arrivée ou sortie de carpes, pour accéder aux différents espaces d’eaux. Cette pointe prononcée donne par logique, des retours de berges, formant des baies ou méandres. Où il est possible, qu’un sujet s’y trouve, en quête de tranquillité !

Les retrouvailles vont bon train, et les vannes aussi ! Nous sommes néanmoins inquiets car les infos qui ont circulées en amont de notre séjour sont perturbantes ! En effet nos prédécesseurs ont eu la main lourde sur l’amorçage. Plusieurs dizaines de kilos, pour 4 fishs en quinze jours ! Cela reste peu justifié, mais invite forcément des repercussions difficiles et pour longtemps !
Ce qui se confirmera, lors d’un petit tour en bateau. L’eau y est très claire, et les herbiers (myriophiles, elodees) sont encore bien présents. Mais surtout ont aperçoit nettement les billes nous consommées, qui tapissent le fond de différents spots prospectés auparavant.
De plus côté bordure gauche, deux pêcheurs sur une courte durée, ont pêche la partie d’eau qu’Olivier préconise. Avec un succès assez étincelant et opportuniste. Cela reste des carpes difficiles à reprendre, dans un très proche avenir ! Je décide avec mes amis, d’être plus que léger en termes d’amorçage. Aucunes bouillettes entières, si ce n’est l’esche (bouillettes coupées en deux et krushees). avec le mariage du chènevis et micro graines, mêlé au fameux pellets response de chef mainline (cell). Aussi le liquid stick banoffee pour suscité ,avec le jus de cuisson du chènevis, des collines d’eau olfactives ! Côté bouillettes , les banoffee et essential ib,ont mes faveurs. Un seul appât en eschage, wafters banoffee ou essential IB 15 et 18 mn. Voilà pour ma part ! Pour mes deux amis ce sera le même esprit. Tous les secteurs et spot évident, qui plus est colonisé par des appâts non consommés, seront évités. Mes trois cannes seront disposés à proximité d’herbiers ou de couloirs entre ceux-ci.

Remise a l'eau dans une enceinte magique.

Nouvelle miroir longiligne.

L’amorçage uniquement au Spomb dans des distances en rapport des cannes de 25 à 30 longueur (distance stick cygnet). Le bateau ne servira uniquement pour mener a bien les combats dans les herbiers ! Il y a un plateau à environ 80 mètres ! Mais celle-ci parait trop évidente, de sollicitation constante des pêcheurs. Dans une fin de saison où la récolte des poissons stressés, perturbés dans leurs tranquillité !
Quoiqu’il en soit les cannes sont lancées in extrémis avant la nuit. Dans le même temps une nappe pesante et immense de brouillard s’installe. Comme pour nous rappeler l’ambiance lugubre et difficile du moment où rien n’est définissable avec clarté. C’est aussi le seul acte climatique, capable de brouiller les limites d’un paysage. Et pas la même occasion d’effacer nos points de repère, si chère à nos yeux.
Toutefois un départ sur mes cannes nous surprend vers 23h30. Encore en phase de repas convivial, nous sommes tout surpris d’aller à la rencontre d’une jolie miroir dans les 13 kg.
Extirper une nouvelle fois, mais du duvet cette fois-ci ,aux alentours de 3 h du matin. Sur la même canne pour une autre miroir s’un peu plus de 15kg. Un départ plus que prometteur avec seul ombre au tableau, une touche perdue dans les herbiers sur les cannes de Mathieu au petit matin. Les journées restent stériles du fait probable de la clarté de l’eau. Et c’est tout naturellement que les carpes, même discrètes, se déplacent et s’aventurent dans la nuit.
Durant la deuxième nuit, la même ambiance surplombe le lac. Et ma canne du milieu retentit vers 5 h du matin dans un brouillard saisissant. Une superbe commune de plus de 20 kg, et plus d’un mètre s’extirpera durant plusieurs minutes des herbiers. La principale difficulté, se trouvant à se repérer dans la brume épaisse, lors du retour en bateau. Avec une carpe certes emmaillotée, mais énervée, traversant ici ou là les nappes de brouillard. Même avec une lumière posée sur le poste, pour trouver l’axe.
Une nouvelle fois les essential IB ont été efficaces. Avec cependant très peu de déjections de la part des carpes, si ce n’est quelques grains de chènevis.
La troisième nuit et toujours sur ma partie, produit une autre miroir dans les 15kg. La journée qui suit ,sera marquée par un voile levé plus tôt que d’habitude. Nous gratifiant d’une journée claire et ensoleillée. Avec en prime un superbe arc en ciel comme pour désigner un joyeux présage. Toutefois refroidi, par une nuit suivante sans poisson! Avec la perte une nouvelle fois d’une carpe pour Mathieu ,quelques secondes après le contact.

Au matin ,les mines sont plutôt grises. La nuit suivante fait renaitre les espoirs, avec la nouvelle capture d’une miroir autour des 13 kg. Et encore sur ma zone de pêche. Incroyable et troublant!
Il ne reste maintenant plus qu’une nuit pour concrétiser nos envies, ainsi qu’à trouver d’autres zones d’alimentation potentielles. Et d’y souscrire de manière plus homogène la répartition d’éventuelles touches. Il faut donc préciser que la zone que prospecte Olivier, est loin d’être tâche aisée. Subissant les assauts continuels ou répétitifs, de pêcheurs proche et s’approchant de lui ,avec des repères nuisibles sur l’eau. Et qui plus est sans touche ,malgré la changement de spot, avec surenchère d’amorçage à chaque coup. Loin d’être idéal lorsque l’on cherche la discrétion, et le spot potentiellement alimentaire, même réduit.

Toutefois nous trouvons excentré sur sa droite ,un gigantesque arbre immergé. En pleine eau, non loin du bord (environ 23 longueur). Ponctués d’énormes herbiers, avec visiblement des poissons dérangés et donc présents. Avant la dernière nuit mes cannes sont reposées à l’identique si ce n’est que les banoffee wafters ,reprennent le relais. Avec des montages combi link,montés sur des krank x tailles 6.
La particularité de ces montages réside dans l’association des bas de lignes avec le kit système COG distance lead 112gr. Efficace pour moi, dans ce contexte d’herbiers ,où la carpe se sentant piquée, fera des angles dans les différents massifs d’herbes. En outre le fait que ce système avec l’hybrid clip favorisera l’éjection du plomb au moindre obstacle. Ce sera aussi un allier précieux, quand à soumettre la masse totale du plomb par ce système. Et ainsi d’enclencher une piqûre plus favorable et plus nette de l’hameçons ! Le temps d’arriver à l’aplomb en bateau.

La dernière nuit rien ne se passe avant 5h30 du matin. Dans un brouillard toujours aussi épais, ma canne du centre retentit enfin. Cette carpe refuse de s’arrêter et continue de soustraire mon touchdown 12 lbs. Une fois stoppée dans un massif herbeux, nous partons en bateau à sa rencontre. Cela fait plusieurs minutes, pour la dégager des herbiers et ensuite la monter à la surface. On comprend maintenant, que l’on a affaire à un gabarit plus important. Et effectivement j’aperçois une énorme miroir donnant l’allure d’une catcheuse. De par sa dextérité aux combats ,malgré sa physionomie plus que massive !
Une fois dans le filet je suis aux anges. Nous nous embrassons avec Olive sur le bateau. Et une fois sur berge ,avec notre ami Mathieu. C’est ça l’esprit d’équipe. La pesée confirmera la sensation d’un poisson spécial et hors norme, pour plus de 25 kg !
Une heure après, c’est une des cannes d’Olivier qui s’affole cette fois. Celle placé  à proximité de l’arbre. Après un combat épique, et du bord cette fois, une superbe commune de plus de 20kg, s’achemine dans l’épuisette. Qui met fin par la même occasion à une zone sans carpe et perturbé, par les bruits incessants. Bravo Olive !

Au petit matin les séances photos sont magiques, où se mêle le partage et l’amitié sans limite. Dans un brouillard toujours aussi pénétrant. Mais cette fois nos esprits sont plus éclairés et heureux.

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