10.12.14

Entre les murs

par Romuald Laurent

Nos régions sont riches en eaux. Elles nous font découvrir différents milieux, du lac de barrage aux petites rivières, le choix pour s’évader et s’adonner à notre passion est grand.
Bien sur certains vont préférer les étangs privés ou publics, d’autres les grands lacs, le choix est vaste.
Pour ma part, je suis curieux, j’aime découvrir, adapter ma pêche au milieu qui s’offre à moi et prendre des poissons dans des lieux parfois bien particuliers.
Je vous avoue que le résultat n’est pas toujours au rendez-vous, mais ces expériences sont toujours très enrichissantes.
Pour une fois je décide de parcourir un petit canal restant pour moi un mystère.
Ce canal de petit gabarit parait d’aspect simple à pêcher mais cachant en réalité bien des complications.
Comment cerner le positionnement des poissons sur ces différents couloirs aux allures parfois bien monotones et austères.
Un endroit particulier attire mon attention, un poste dans les murs…
Enfermer entre des parois de pierres, le canal s’écoule et laisse apercevoir quelques herbiers indiquant la présence de carpes.
Je décide de répandre quelques appâts sur cette zone, et de tenter ma chance.
Le jour J est là et malgré l’observation, il n’y a aucun mouvement de poissons.
Un grand calme règne et crée une ambiance bien particulière.
Je dépose mes montages soigneusement, avec le maximum de précision. L’emploi des filets PVA, comme ici l’original
« funnel web », me permet de dissimuler mon hameçon au milieu de différentes particules et ainsi m’assurer un montage pêchant.
J’emplois aussi les Solidz bag dans cette configuration de poste.
Comme à chaque fois il ne faut rien négliger, le moindre détail est important pour pouvoir avoir la chance de prendre un poisson.
Le temps passe au fil de l’eau, mais toujours aucun mouvement, hormis quelques ablettes venant s’alimenter en surface.
J’ai esché une de mes cannes avec un appât équilibré, repéré rapidement par nos amis les brèmes.. grrrrrr..
Au vu de cette touche à revenir, je décide de repositionner mes cannes correctement, en changeant cet appât équilibré par une esche plus conséquente, une 24 mm dense. Les « Extenda stop » sont très pratiques pour changer aisément son appât sans forcément refaire ubas de ligne avec un cheveu plus long.
Tout est de nouveau en place. Alors que la nuit tombe rapidement, les berges sont très vite privées de soleil et laisse place au crépuscule.


L’attente est longue, les soirées d’été ne sont que souvenirs. Après un bon repas partagé avec mon ami Alex, le café s’impose.
Rien ne transparait, aucun mouvement de carpe, le silence envahit cet endroit.
Les étoiles sculptent la nuit, tout ceci est bien joli, mais toujours aucun « run »
Je contrôle une dernière fois que tout est bien en place avant de regagner mon bedchair.
Minuit, une heure mythique, un Delkim s’emballe sans aucune somation, la canne est sortie de son emplacement tellement la touche est puissante. Au contact le poisson est violent, il dégage de forts coups de tête au milieu des herbiers et sur un énième retournement ce décroche !!La rage !
Sans attendre, je replace la ligne précisément.
Je retrouve mon lit douillet et me repasse cette décroche en boucle, c’est la pêche. 4h00, Au cœur de la brume, ma deuxième canne s’emballe mais avant que je la saisisse tout s’est stoppé. Je suis bien contrarié. Je replace ma ligne mais plus rien ne se passera.

Le jour se lève et laisse entrevoir mes regrets, on ne peut pas gagner à tous les coups.
Déçu, je remballe mes affaires lentement…
Je décide de revenir le soir même, je n’aime pas les échecs.
Dans la journée, je revois mes clips plombs afin que ce dernier soit éjecté le plus rapidement possible, pour n’offrir aucune résistance dans les herbiers que je ne pensais pas aussi denses.
Le soir venu, je replace mes cannes à l’identique, les clips étant ajustés correctement.
Je suis confiant dans le placement de mes lignes, la soirée se déroule à l’identique, aucune manifestation de poisson.
La nuit est là, pesante, pêcher le même poste deux jours de suite en canal n’est pas toujours productif.
Minuit, oui le son d’un Delkim retentit, fausse alerte, j’y ai cru comme la veille.
Par contre à 4h00, c’est bien une touche, la prise de contact est rapide, le plomb est éjecté et me permet de ramener rapidement le poisson dans le filet de mon épuisette.
Cette miroir n’est pas un monstre, mais elle est vêtue d’une belle robe embellie de jolies écailles… beauty…
C’est belle et bien une merveille à mes yeux et une satisfaction d’être revenu entre ces murs pour ne pas rester sur un échec.

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