16.09.14

Entre rêve et réalité

par Alexandre Coulon.

Si la pêche était un jeu, je crois que ce début de mois de Juillet serait pour moi un véritable « Game Over ». Après 6 nuits divisées en plusieurs sessions, je dois me rendre à l'évidence : je n'ai encore posé avec aucun poisson. Mes discutions avec des collègues d'un peu partout dans l'hexagone me confirment cette tendance à la « non réussite » en cette période.

Loin de baisser les bras, je décide de me rabattre sur un plan d'eau sur lequel nous ne sommes que quelques potes à avoir le droit de pêche. A forte densité d'herbiers, peuplé d'une multitude d'écrevisses et d'escargots d'eau, le plan d'eau est à lui seul une réserve presque intarissable de nourriture pour les poissons. Les en détourner et « passer à travers » les poissons chats et autres carassins préhistoriques est chose compliquée ; le moindre poisson attrapé une victoire rêvée.

Dans ce type d'eau, rien ne se fait par hasard. La pêche n'est ici pas un « coup d'bol » et impossible de poser ses pièges n'importe-où. La prospection, le sondage, l'observation sont les premières phases de la pêche. Avec mon manche d'épuisette je tâte minutieusement le fond. Je repère assez facilement quelques taches de cailloux bien marquées, à l'entrée d'une petite baie dans peu d'eau et une autre proche d'un massif d'herbiers. C'est fou comme sur ces plans d'eau on distingue facilement les routes empruntées par les carpes. Facteur intéressant... mais dans le fond pas tant que ça. Car s'il est facile de trouver par où elles passent, encore faut-il les intéresser à notre nourriture qu'elles ne connaissent pas et dont elles n'ont au fond pas besoin. Comment faire ? Là encore j'aime jouer sur la concurrence alimentaire. Je vais amorcer beaucoup, mais de petites graines pour intéresser tous les poissons qui vont naturellement appeler les carpes.

Pour l'esche, je présente un petit dumbell IB en plastique sur mes blow-backs montés sur des gros hameçons de type Kurv. L'équilibre est parfait et l'ensemble vient se poser tranquillement sur le fond. Je benne largement mes particules tout le long de cette route, il faut vraiment qu'il reste à manger dans la zone quand les carpes emprunteront le « chemin ».

Je sais qu'ici la patience est une qualité à emporter avec soit. Les touches sont rares, souvent inexistantes, mais l'univers préservé du lieu est un passe temps des plus reposant. Les heures défilent en un instant et chacune apporte son lot d'anecdotes.
Les dernières lueurs du jour viennent se refléter sur la surface lisse de l'eau. Assis sur l'herbe humide, je profite de l'instant présent. L'esprit dénué de tout objet de stress, je passe une soirée bien calme aux cotés de mes talons liège.

Je romps brusquement mon sommeil, un peu déçu que ce rêve soit fini si brusquement. Dans celui-ci le poisson que l'ado cherchait depuis quelques jours dans ce plan d'eau venait enfin de succomber à ses petites sucreries. Après un long et dur combat en float-tube, le poisson rendait finalement les armes venant dessiner un large sourire sur le visage du jeune pêcheur.
Ce rêve semble si réel, je crois le revoir comme s'il était... réalité !

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