02.01.13

Fin de saison en beauté

par Jean-Philippe Moreau


La fin de saison avait une saveur toute particulière, car j'ai pu profiter des tout derniers jours de peche de 2011 jusqu'a la dernière semaine de décembre vu les conditions météo exceptionnelles.
J'avais jeté mon dévolu sur un petit étang proche de chez moi , que j'ai la chance de pouvoir pêcher en exclusivité ,car le propriétaire m'a donné une autorisation a l'année.
Je lui donne le nom de petit paradis ; car c'est mon Redmire pool personnel, vraiment très joli et possédant une physionomie me permettant de varier les techniques de peche avec une multitude d’approches possibles. Il est parfait pour mon type de peche, qui privilégie technique et préparation, et loin de toute agitation, me permettant de faire au passage de jolies photos, mon autre passion.
Le cheptel, dans lequel, j'ai recensé pour l’instant une quarantaine de sujets différents, se constitue de poissons issus d'un alevinage originel, possédant des morphologies intéressantes. Ce ne sont pas des monstres mais vu la beauté du site, la moyenne oscillant entre 8 et 13 kilos me suffit amplement, privilégiant davantage la beauté du site, que l'aiguille de mon peson.
Depuis trois ans que je le peche, certains poissons sont réapparus plusieurs fois, alors que pour d’autres, dont les plus gros, sont restés absents depuis mes premières pêches. Ce sont ces mêmes poissons que je viens chercher en cette fin d'année, espérant les toucher a leur poids maximal.
J'aime patauger en waders dans l'eau et le niveau du plan d'eau n'étant pas a son maximum, j'ai pu m'approcher le long d’un l'unique îlot, pour repérer du poisson, afin de pouvoir pré amorcer un éventuel poste. Je m'attendais a trouver les carpes au pied d'une cassure qui correspond au point le plus profond du plan d'eau, mais c'est au ras de l’îlot, dans 60 cm d'eau que j'aperçu des nuages de vase remonter alors que je marchais le long de la bordure. Les poissons semblaient très actifs alors j’ai laissé 2 kilos de billes très digestes en 15mm sous les bois morts.
La sortie a lieu deux jours plus tard, il fait encore doux et je m'installe face a l'île et je place deux montages au ras des branches, frein serré et prêt à bondir sur la première montée du hanger.
La peche n'est pas dangereuse pour le poisson, car le niveau de l'eau étant plus bas qu'a l'habitude ,les branches ne baignent pas suffisamment dans l'eau pour pouvoir servir de refuge au poisson voulant se tanker. De plus je peche en tresse avec une tête de ligne en gros nylon ce qui me permet d'être très réactif et d'avoir un control total sur le poisson. Les montages son soignés équipés d'hameçons de taille 8 , fort de fer et très affûtés. Ayant pré amorcé, le substrat étant propre, j'esche des appâts de fond, auxquels j'adjoins des sacs de billes écrasées et des mousses solubles afin de préserver au maximum la pointe de mes hameçons, et optimiser la présentation.
Pour être plus précis, et la profondeur le permettant, les montages sont placés en waders, je ne crains pas d'effrayer les poissons, car j'ai déjà remarqué par le passé, que j'ai pu avoir des départs seulement quelques minutes après une dépose.
M'étant réfugié sous mon parapluie pour éviter une ondée, je prépare deux autres cannes que je veux placer sur d'autres spots loin de mon amorçage principal, afin d’intercepter d'éventuels autres poissons actifs, ailleurs.
Quand je me décide à tendre ma troisième canne , un de mes delkims sonne et mon scion frétille , je n'y crois pas vraiment sur le coup mais par réflexe je prend la canne en main et ferre .
Une dame a nageoire est bien pendue au bout de la ligne et longe la bordure, le combat se fait néanmoins en douceur, le manque d'obstacle immergés aidant a travailler le poisson sans trop de risque. Je rentre dans l'eau pour finir le combat, car la profondeur sur ma bordure n'excède pas 30 centimètres.
C'est une jolie miroir typique des lieux d'une dizaine de kilos à la robe tachetée de micro pépites dorées. Les montages sont efficaces car la pointe est parfaitement piquée dans le milieu de la lèvre inférieure.
La matinée et l'après midi sont productives, car mes deux spots amorcés me rapportent quatre carpes , trois miroirs et une commune calibrées dans les mêmes poids. Un ami prévenu par sms et travaillant dans le coin me rejoins en fin de journée pour prendre un café et faire les photos.
Je suis venu pour 24 heures pour cette session, et j'espère malgré déjà ces bons résultats faire encore des petites gourmandes durant la nuit. J'avais remarqué durant une peche antérieure que les créneaux horaires, sur cette partie du plan d'eau , a cette saison se situais entre 10 et 13h puis entre minuit et trois heures du matin.
Apres m'être restauré pour la nuit, et avoir bouquiné afin de faire passer le temps, qui parait parfois un peu long quand il fait nuit a 17h, je m'endors en rêvant d'un poisson touché deux années auparavant au poids de 13 kilos et qui est mon record sur ce plan d'eau.
Vers minuit, comme je l'avais espéré, un cinquième poisson rejoins mon épuisette , une des plus belle commune que j'ai pu faire sur ce plan d'eau , elle atteint péniblement les dix kilos mais elle est très sombre sur le dos et très claire au niveau du ventre , un vrai petit lingot, typique d’ici, qui me ravit .En la décrochant, et avant de la mettre au sac, je m'aperçois qu'elle éjecte de la purée blanche sur le tapis, signe que mes billes font leur effet.
Je retends ma ligne en waders de nuit avec ma frontale sur la tête, le visage dans le vent qui s'est levé et qui me projette une pluie fine dans les yeux. La pleine lune m'aide a trouver mon chemin et a être précis dans mon opération, mais je dois avouer que je m'arrête un instant sur le chemin du retour pour rigoler tout seul en me disant que je suis bien motivé.
Je change mes vêtements trempés avant de me coucher et je me rendors assez facilement. Un peu avant trois heures du matin, un dernier départ sur le même spot me fait sortir de mon sommeil, et après un combat lourd et lent, je rentre dans l'épuisette une jolie miroir. Posée sur le tapis je suis plus que content car cette carpe est bien celle a laquelle je pensais avant de me coucher, et que je rêvais de revoir car elle avais le potentiel pour grossir d'avantage. Je la pèse à un peu plus de 14 kilos, ce qui est pour cet étang, mon nouveau record.
Elle rejoint sa copine dans un autre sac et je me recouche avec la sensation du devoir accompli. Je n'attendais pas autant de poissons de cette session, car même si la pression de peche reste faible, l'étang est parfois moins généreux voir complètement sur off, et il est impossible de faire un fish malgré l'utilisation de tout mon arsenal. Mais cette fois ci, la météo et l'amorçage favorablement combinés m'ont donné les clefs de la réussite.
Au petit matin, après un bon petit déjeuné, je place mon trépied et mon Nikon et je profite de ces moments qui pour moi, immortalisent au mieux ma passion .L'album photo étant un moyen palliatif de me remémorer mes émotions halieutiques plus q'un "épate" galerie, je prends grand soins à faire attention à mes clichés et à mettre en valeur la beauté du poisson.
Cette session n'a rien d'extraordinaire en terme de poids, et je voulais juste insister sur le fait que le plaisir dans notre passion doit être dans l'atteinte de nos rêves et objectifs et qu'il faut prendre son plaisir dans sa peche, sans se soucier de ses résultats en terme de poids, sans se comparer aux autres.

Et n'oubliez surtout pas que le bonheur est à portée de cannes.

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