05.03.15

Le passage des grues

Ce début de saison est fort compliqué, les températures négatives et ce vent glacial n’aident pas. On assiste depuis quelque temps à des changements de météo brutale, passant de 10°C à des – 10°C avec de la neige. Tous ces facteurs ne nous aident pas dans la prospection hivernale. Les sites où nous avons l’habitude de prendre nos premiers poissons de l’année sont le plus souvent gelés en ce moment. Au milieu de ces jours hivernaux, profitons d’un jour plus clément pour aller tendres nos lignes. Nous voilà sur notre lieu de pêche, pas de vent et pas d’activité, rien ne bouge comme si la surface de l’eau était figée. On va rester sur des classiques au niveau des approches, une canne à l’abri du vent en bordure, une sur un décroché du fond et une non loin d’un obstacle. A cette saison l’utilisation des appâts équilibrés prend tout son sens. Les carpes s’alimentent plus ou moins au ralenti, on doit les amener à saisir notre esche, les appâts allégés et le fonctionnement mécanique du montage font le reste, mais je ne vous apprends rien. Le début de saison est propice à l’emploi du système bonhomme de neige pour plusieurs raisons, on obtient un appât équilibré et on renforce l’aspect attractif du côté visuel que l’on peut varier à souhait à l’aide de différentes pop-ups… Pour la partie « Rig », on va se tourner vers des matériaux souples en extrémité, associé aux hameçons Krank, on obtiendra un montage efficace qui va se retourner très rapidement dans la bouche du poisson. Les poissons comme je l’ai déjà souligné auparavant sont peu enclins à s’alimenter ou à bouger, ils doivent avoir un élément déclencheur, l’attraction est souvent la clé. Sur ce spot, on va essayer de libérer les attractants pour inciter la carpe à prendre notre esche. Certains produits dans la pêche sont des effets de mode, on les emploie à leur sortie, puis au fur et à mesure, on les laisse de côté. Le Krusha lui est toujours d’actualité et reste un de mes indispensables de mon carryall. Il va me permettre de réaliser des sticks très attractifs rapidement. La recette est simple, je broie quelques bouillettes d’amorçage, je les réduis en petits morceaux à l’aide du krusha, afin qu’ils puissent au contact de l’eau libérer leur attractant autour de mon appât. A cela je viens y rajouter un must dans l’attraction, des pellets de 4 mm préparés la veille imbibés de GOO. Cette méthode m’a valu de faire de nombreuses fois la différence en période hivernale. Le PVA Boilie funnel web est le bon choix pour présenter une quantité suffisante de particules autour de votre appât.

Les 3 cannes sont posées, je viens y rajouter entre 5 et 10 bouillettes autour de chaque montage. L’eau n’excède pas les 4°C, je viens de tester la fonte du pva, quasi 2 minutes pour voir se répandre les diverses particules. A l’utilisation des Goo, combiner les deux, le bait et le power smoke pour avoir une multidiffusion. Les premières heures sont très calmes, le café fait du bien et nous réchauffe comme souvent… A force d’observation, la pêche de la carpe n’est pas une pêche statique, il y a toujours à faire. J’ai pris l’initiative sur 2 de mes cannes de rallonger mes bas de lignes afin d’éviter le piège du substrat. Effectivement le fond présente des poches de vase, ce qui peut être négatif sur la présentation de nos montages. Durant cette saison les instants au bord de l’eau peuvent nous paraitre bien long… Au loin, on entend les grues, là on aspire à penser au printemps avec ses odeurs, ses fleurs, une saison plaisante par sa douceur… Les delkims sont muets depuis plusieurs heures, je décide de replacer mes lignes. Je les repositionne sur les mêmes spots mais sans remettre de bouillettes pour éviter tout sur-amorcage. Le stick mix suffira pour activer la zone autour de l’appât. 14h30 la canne de gauche eschée d’un petit bonhomme de neige, le stow frémit, deux bips à retour, quelques instants se passent et le stow s’écroule littéralement. Immédiatement, je saisis la canne pour aller au contact. Connaissant un peu la population des lieux, je pense de suite à un petit poisson. Contact, eh bien non ce n’est pas si petit que ça, j’adore ces touches à retour, car là on est obligé d’aller chercher la moindre sensation du poisson. Je me dis que le bas de ligne rallongé a fait son job. Le combat s’engage malgré ces eaux froides, cette miroir m’offre un joli combat, elle se glisse gentiment dans l’épuisette. On aperçoit un mucus blanc sur son dos, ceci démontre bien que les poissons sont statiques. Après quelques clichés, la belle retourne dans son élément, je retends ma ligne au même endroit, espérant une nouvelle touche.

Malheureusement les Delkim retrouvent leur mutisme jusqu’à la nuit, juste une écrevisse s’invite à jouer avec mon corps de ligne… Soyons heureux et je le suis d’avoir pu déclencher une touche au beau milieu de l’hiver. Certes le poisson n’est pas énorme, mais en cette période tous les poissons comptent car pour moi chaque poisson, chaque carpe à une histoire…

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