14.01.14

Le réveil sonne - par Alexandre Coulon

Le réveil sonne, il est 6 heures. Mes rêves de poissons aux mille couleurs sont oubliés et laissent place à ce moment que tout pêcheur attend avec impatience, cette journée qu'il a réservée pour se retrouver auprès de son élément favori est arrivée et il ne faut pas en manquer une miette. Dans cette optique chaque détail et chaque minute sont comptées.
Tout comme déconnecté de la société qui l'entoure, ses proches ne comprennent pas son envie de pratiquer si souvent ce qui ne s'apparente pour eux qu'à un passe temps ou un loisir, mais qui pour lui sont devenus un mode de vie et un schéma de pensée. Le jour n'est pas encore levé que le précieux matériel est chargé, appareil photo en poche pour immortaliser cette journée.
Arrivé sur le poste choisi, je scrute les spots que je compte exploiter, enfin seul je peux commencer à apprécier cette journée en positionnant mes supports de cannes et en préparant soigneusement l'amorçage et les appâts.
Mes petites flottantes Mainline sont de la partie, leur attrait pour nos petites demoiselles n'est plus à prouver, une petite Indian Spice sur l'une et une Pinapple sur l'autre toutes deux en 10mm sauront se démarquer de l'amorçage et piéger, je l'espère, une petite curieuse.
Les bas de ligne contenus dans ma boite sont bien différents et j'ai décidé pour cette session d'en tirer deux : un IQ D-rig monté sur Kurvshank et un nœud sans nœud classique dénudé au niveau du cheveu monté sur un Wide gape sans ardillon.
Les premiers pas que je trace dans l'herbe du chemin qui me conduit à l'endroit où j'ai décidé de déposer ma première canne font craquer la légère couche de glace recouvrant les feuilles orangées tapissant le sol. La canne que j’avais emportée avec moi est posée délicatement à la pointe de cet arbre qui surplombe la surface de l'eau. A la tombée du plomb je tends la bannière et sent le « pok » m'indiquant que je suis bien sur la petite tâche de dur trouvée précédemment. La seconde, quant à elle, sera placée à la pointe d'une petite île frappée par le vent et le soleil tout au long de la journée. Quelques demi-spods l'accompagnent afin de créer une petite zone d'attraction et de contraste autour de mon esche.
Je peux alors me poser dans mon Big snooze et laisser mon regard se porter là où mon oreille l'interpelle. Quelques oiseaux viennent se poser à quelques mètres du bed là où j’avais mis une petite poignée de nourriture à leur intention. Chacun bouscule l'autre pour avoir sa part du festin et finalement chacun s'en va en emportant ce qui lui plaît. Les quelques lentilles présentes à la surface de l'eau viennent s'échouer sur ma berge, ramenant avec elles quelques branches témoignant du fort coup de vent de la nuit.

J'ai à l'esprit ce premier Janvier, qui m’avait rapporté ce poisson magnifique dans les dernières minutes de pêche, m'apportant une joie incomparable qui me fait encore sourire quand j'y repense.
Je me rend compte de plus en plus à chaque instant de la chance que j'ai, et le souvenir de cette petite coco ou de cette grande miroir venue me venue me récompenser quelques jours plus tôt me laissent rêveur, solitaire face à ces conditions, ces paysages et ces instants que le pêcheur que je suis apprécie pour sa tranquillité, synonyme de repos et de quiétude.

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