03.05.14

Le silence est d'or...

Par Romuald Laurent


Ce début de saison atypique nous entraine vers de grandes amplitudes thermiques, une nature bien en avance, le muguet déjà de sortie en plein mois de mars, mais le monde aquatique réagit-il de même ?
La météo offre des températures de rêve la journée mais la nuit ce n’est pas la même chose, le thermomètre peut descendre jusqu’à – 5°C.
Ce phénomène ne favorise en rien le réchauffement des eaux, qui restent froides surtout en tête de bassin. Il est sûr qu’une pêche rapide dans un étang avec une surface raisonnable serait propice pour enregistrer quelques touches.Mon esprit contradictoire m’emmène cependant dans d’autres lieux, à la recherche d’autre chose… Je vais retrouver les berges des lacs avec leur silence, leur brume hivernal, leur paysage rocailleux…
Pour avoir fait le tour du lac, rien ne démontre l’activité des poissons. Quelques gardons d’ici de là, mais pas l’ombre d’une carpe. Les eaux devant moi varient de 1 à 12 m avec des situations bien différentes les unes des autres. Les eaux froides et le marnage important du lac en ce moment ne seront pas des alliés pour cette pêche. Le niveau du lac change en permanence, apportant des eaux de fond d’autre lac, ce qui n’avantage pas le réchauffement des eaux.

Une fois les postes repérés comme il se doit avec le plomb à sonder, 3 zones sont identifiées où je vais pouvoir déposer mes esches. En lac comme partout ailleurs, l’observation de chaque détail est important. Ma canne du milieu sera posée au pied d’un ruissellement de plusieurs sources offrant une températures d’eau régulière autour de ce spot.
Je dépose mes lignes sans plus attendre, je vais ajouter à chaque bas de ligne un stick rempli de particules, enrichi en pellets trempés auparavant dans le goo afin d’apporter une attraction maximale autour de l’esche proposée.J’utilise ce mode de préparation afin de stimuler l’alimentation des poissons pour espérer une touche. Les carpes sont certainement encore en mode hiver, il faut éveiller leurs papilles…

Tout est en place, l’odeur du bon café est un réel réchauffement… Vers 22 h 00, mon stow s’écroulent littéralement, le sourire me gagne immédiatement. Je mets peu de temps pour arriver sur ma canne. Je constate avec effroi que le niveau du lac a perdu 10 cm. Je prends finalement contact avec une brème… Malgré ma déception, je replace soigneusement ma ligne, je sais très bien que cela va être dur car la forte baisse de niveau n’est généralement pas bon signe.
Après un bon café, je retourne dans mon duvet sans plus attendre, à l’abri de l’humidité et du froid. Dans cette ambiance hivernal règne un grand silence, troublé non pas par un Delkim mais ... par le cri d’une chouette.

Aucun saut ou signe d’activité ne raisonne entre les berges caillouteuses du lieu.A 2h30, ce n’est plus la chouette qui s’exprime mais bel et bien mon Delkim rouge ! Un départ franc !!! Au contact, je sens un poisson puissant avec un comportement surprenant. En fait, mon fil est passé dans une souche, un piège souvent fatal pour nos corps de ligne dans ces lacs encombrés. Cette sensation de fil qui gratte, cette résonnance dans la canne est frustrante quelque part, j’appréhende le contact avec l’obstacle. Finalement, le fil se libère de l’obstacle sans forcer, il ne faisait que le tour de la souche. Un réel soulagement, la résistance du nylon Subline a fait le reste.

Le poisson lutte mais arrive délicatement dans le filet de mon épuisette. Des écailles d’or reflètent à la lumière de ma frontale. Pas un monstre ou un tank mais une vraie merveille avec de somptueuses couleurs. A ce moment debout sur la berge, une belle satisfaction nous envahit…

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