05.05.13

Les hommes de l’ombre…

par Romuald Laurent (Team France)


La météo de ce début d’année nous montre la difficulté de pêcher les eaux froides de nos régions.
Chacun à ses habitudes car depuis plusieurs printemps la sortie de l’hiver se montrait plutôt clémente et généreuse.
L’hiver tient bon avec ses températures glaciale tel un air sibérien, renforcé par un vent de Nord –Nord-Est jamais bien propice à cette époque.
Malgré tout à force d’observations, certain poisson se manifeste dans une eau peu profonde, ce phénomène m’intrigue, je décide d’aller pêcher cette zone ou il y a moins d’un mètre d’eau.
C’est un endroit ou les arbres plongent dans l’eau, un méli-mélo d’obstacles ou il faudra être vigilant au moindre son de Delkim.

J’aime ce côté sauvage de notre passion, loin des sentiers battus, certes le confort ne sera pas au rendez vous, il me faudra compter une bonne demi heure de marche en wadders avec tout le matériel pour atteindre le spot. Ce périple que j’effectue assez régulièrement le long des berges de nos lacs et étangs doit se préparer.
Il faut emmener sur ces sessions de courtes durée, juste ce qu’il faut pour pêcher pas de gadget ou autre juste le nécessaire afin de ne pas trop se surcharger. Certaine fois pour être au plus près de ma pêche, il m’arrive même de préparer mes sticks à l’avance.
Un allié met bien utile pour ces déplacements c’est le sac à dos Trakker, étudié à souhait pour parcourir de longue distance.
Avec ce type de bagagerie pas la peine d’emmener plusieurs sacs, tout tient en un seul, détecteur, buzz bar, petits matériels, pop-up, café …etc
Il est parfaitement étudier pour s’adapter à notre dos, il présente de nombreux réglages et astuces de rangement pour vous assurer le maximum de confort sur les chemins des berges.
La mule est chargée, un fourreau, un sac à dos (avec tout le nécessaire) et une chaise tout de même.
A travers les différents bois noyés, j’aperçois quelques brochets s’apprêtant à frayer sur les herbes de bordure, une nature dans toute sa splendeur.
Au milieu des roseaux, le poste recherché s’ouvre à moi ,sans forcément me laisser beaucoup de place pour m’installer et bien sûr la boue est de la partie !.
Les lignes sont montées rapidement, tout en étant près, bas de ligne, stick…etc
Chaque jour je regarde la météo, avec ses températures, le sens du vent, je voulais pêcher cet endroit à un moment bien précis.
Je scrute la surface de l’eau, aucune activité, aucun mouvement comme depuis plusieurs jours sur les différents plans d’eau que je pratique, mis à part quelques grèbes huppés rodant sur le secteur.
Après cinq minutes de pêche, je suis surpris par le hurlement du Delkim de gauche, je m’empresse de prendre contact et appréhende les obstacles, et avec plaisir une jolie petite miroir vient se glisser dans mon filet d’épuisette.
Je suis vraiment étonné par la rapidité de cette touche, les eaux sont classées mais en tous cas il y avait bien un fish dans le secteur.
Le calme s’installe de nouveau, l’endroit pêché malgré un vent assez soutenu reste à l’abri et me permet de mettre une autre petite miroir sur le tapis.
Comme tout pêcheur divers réflexions fusent dans ma tête, au vu de mon résultat, je me dis « cette zone est fréquentée par des petits poissons mais pas forcément par de plus jolis sujets, à cause des conditions. »
Je replace mes cannes avec soin et précision car de nombreuses branches effleurent la zone pêchée, ne rien laisser au hasard fait souvent partie de notre réussite.
Aux alentours de midi, une touche ou mon stow s’écroulent complètement, et forcément je me dis encore un petit fish mais au contact, la traction du poisson n’est pas la même et bien heureux qu’elle est fait une touche à retour.
A mi chemin entre l’eau et les bois noyés, je retrouve une sensation que l’on aime retrouver, le blank se plie, le nylon siffle au vent….un réel plaisir.
La mise à l’épuisette se fera non sans mal, un poisson réellement puissant, et on ne pourra pas dire se réveillant de l’hiver car au vu du combat, cette carpe est bien en forme.
Cette zone va me donner un bon résultat mais des coupures entre les touches.
D’après ce que j’ai observé des groupes de poissons passent à cet endroit et s’ils y trouvent de la nourriture descendent sur le fond piocher quelques petites bouchées.
A ma très grande chance, mon ami Franck malgré son claquage au mollet me rejoint avec son épouse pendant leur pose déjeuner pour pouvoir faire quelques clichés.
Les poissons ont des couleurs magnifiques, relevé de quelques rayons de soleil, le résultat est « no » comment ».
Après le départ de mes amis, le calme surgit de nouveau, le soleil se cache peu à peu avec sa douceur.
Je décide de rassembler mes affaires et bien sûr un delkim s’emballe à mon plus grand plaisir bien sur, le combat s’engage tout en force, le sublime est mis à rude épreuve, le poisson se bloque deux fois, mais ressort deux fois. Ce nylon est vraiment extraordinaire pour sa solidité face aux obstacles.
La toute puissance de ce poisson m’étonne comme quoi nous avons encore beaucoup à apprendre sur nos chers poissons.
Une très jolie miroir vient s’échouer dans mon épuisette, un pur moment au milieu de la nature. Je la décroche délicatement et l’observe sur le tapis en pensant aux beaux clichés que l’on aurait pu réaliser.
Et oui, car en pêchant seul, il est toujours compliqué de réaliser une photo dans des conditions difficiles
C’est pour cela que je veux mettre à l’honneur les hommes de l’ombre, homme ou femme nous aidant à embellir notre passion, chaque pêcheur quel qu’il soit, a ses hommes de l’ombre…Ces hommes sans qui on ne serait rien…

Un grand merci à Franck, Fred, Rob, Jean-phi, Patrick M, Marc, Franck B, Notre team, Maurice, Mathieu, Anthony, Lionel, Franck C, Jami, Dominique, tous mes amis….Sans oublier tous nos Fans.

Archives newsARCHIVES NEWS

ARCHIVE