20.11.18

LGV : Paris - Bordeaux

L’appel d’un ami d’enfance, la promesse d’un territoire plus verdoyant que les bâtiments parisiens, ma décision bascule favorablement, c’est acté, j’ai mon billet, je partirai demain aux aurores.
Il est 00h00, fin de mon service. Il est 2h30, le matériel est en position. 6h30 sonne, la mise en marche débute. La traque s’ouvre à ce qu’elle a de plus palpitant, sa quête.

Je vais bon train, bras ballants, amouracher à mon attirail qui si je n’avais pas ce gabarit me ferai passer pour un militaire. La Ligne à Grande Vitesse tient ces promesses de prouesses et me délivre sur un terrain que mes crampons ont appris à connaitre. Je préfère minimiser l’aléatoire du résultat pour un si long déplacement.
A notre arrivée, le lac déborde d’une marée humaine colossale, il est à rebord sur tous ces abords et arbore l’allure haute en couleur des camps de vacances. Après un repérage fait dans la cacophonie, à la nuit tombée les âmes s’apaisent et s’enferment entre parenthèses, l’eau s’infiltre, il n’y a plus que nous et nos futurs.

Les cannes sont installées à de basses profondeurs où les eaux de ce début de printemps sont déjà bien réchauffées par le climat Girondin. Roselières, plateaux sablonneux, obstacles, tout y passe. Chacune de mes cannes est placé comme s’il s’agissait de la première, l’inexactitude n’a pas lieu d’être.

Des boules de Mix accompagnées de graines et bouillettes gagnent chacun de nos spots afin de maintenir une trace durable et persistante sur le fond utile au maintien et à la prolongation de l’activité.

Indispensable pour l'équilibrage, la discrétion, la précision.

On ne flotte pas tous pour les mêmes raisons.

Mon binôme s’absente et comme souvent à la pêche, là se produit l’inévitable : départ ! Je peine longuement et tente à plusieurs reprises de dépêtrer le poisson pris au piège d’une masse considérable d’herbiers. Mon moulinet se remplit d’une herbe filamenteuse qui fait cops avec le Subline, doucement mais surement, ça vient. La mise à l’épuisette est salvatrice, et le coup de frontal m’indique que d’ores et déjà mon déplacement est réussi ! Au matin, une commune nous gratifie de sa robe aux caractères rare et authentique.

Si la journée est plus calme, nous savons que tout se jouera dans notre dernière nuit. A 5H30, tout devra être plié. Rapidement une commune ouvre le bal et l’heure fatidique approche. 3h45, le moulinet se dévide farouchement, le combat est similaire au premier, l’issue est identique. Un poisson sec, racé, tout en muscle et qui possède un style unique, le contrat est rempli car en cet instant l’énergie mise dans ce périple a pris un sens. Cette dernière capture vient clôturer la nuit pour au petit matin me libérer sur la nouvelle voix de la LGV. Le temps passe les émotions restent.

Archives newsARCHIVES NEWS

ARCHIVE