07.07.15

Passage à vide

Depuis quelques années, on s’est habitué à passer des printemps précoces, la nature avait souvent de l’avance.
Cette année est un autre scénario, là où l’on faisait déjà des poissons régulièrement, l’eau reste figée sur ces 5°C, ce qui est peu pour une activité alimentaire correcte des carpes. Bien sûr, qu’il y a toujours un poisson à faire mais il reste néanmoins difficile à faire glisser dans le filet de nos épuisettes. C’est une quête de tous les instants où le froid rime avec passion…

Les premières hirondelles rasent la surface de l’eau à la recherche du moindre insecte. Le vent du Nord, assez glacial est omniprésent en ce moment, cela n’aide pas. De nouveau, une légère activité de poissons blancs, rien non plus d’extraordinaire mais à cette période de l’année, le moindre signe d’activité attire notre attention. Je souhaite intercepter des poissons sur l’un des méandres d’un lac de barrage, lieu de passage obligatoire pour atteindre une baie où se trouve la nourriture naturelle. Je décide de marquer cette zone pour avoir l’espoir de voir une écaille.

L’amorçage est simple pour cette période. On va utiliser des pellets imbibés d’attractant auxquelles on y rajoute la graine favorite du début de saison le « maîs doux » avec son odeur si particulière. Un souci de taille vient perturber cette pêche, le lac subit à nouveau des marnages conséquents, ce qui n’est pas favorable. Les jours en amont de la pêche donnent peu d’indications sur le mouvement des poissons.
Une ambiance hivernale règne entre ces rochers. Mes cannes sont prêtes, elles abordent chacune un stick de pellets mélangés à de la bouillette kruschisée. On essaye comme à chaque fois de rien laisser au hasard. Après une heure de pêche, un chevesne goulu vient me rendre visite. Est-ce le signe d’un bon début ou d’un mauvais rêve ?
Quelques gouttes éparses raisonnent sur mon abri, le vent fait virevolter les feuilles sur la berge comme en autonome laissant place à une impression bizarre…

On pourrait croire que la météo est folle, il y a deux jours, les brochets étaient montés sur les bordures pour effectuer leur frai.
Ce vent de Nord-est a reprit ces droits faisant régner le froid malgré ce beau soleil étincelant. Je rencontre d’autres pêcheurs venant de lacs aux alentours, ils ont vu une belle activité les jours d’avant mais la pêche s’est compliquée au fur et à mesure de la semaine, ce qui n’est pas pour me rassurer.
Deux chevesnes sont venus semer les troubles fêtes en cette fin d’après-midi. Ces chevesnes musclés dopés à la bouillette, dupent nos émotions en faisant grincer nos freins comme les carpes. Bien sûr au milieu de ces pseudos départs, une belle s’est jouée de moi, elle a fait une touche identique au chevesne. La prise de contact fut brève, 2 rushs ont suivi et bim….décroche… Eh oui on ne peut pas toujours gagner. A ce moment précis, un défi s’engage, un combat moral que chacun de nous connaît… Mille questions, pourquoi cette décroche, un appât mal présenté, un mauvais fonctionnement mécanique du montage…etc. J’ai remarqué une chose, un léger fond vaseux sur le spot où j’ai eu ma décroche.
Je décide de changer de bas de ligne, et de mettre la fameuse N-Trap soft pour épouser au mieux le fond et ainsi présenter mon esche équilibrée le plus correctement possible. On renforce cet effet en glissant sur le bas de ligne un sinkers large. Ce rig, la terminaison de notre ligne souvent déterminante est constituée d’un wide gapeX avec le système KD en extrémité du nœud sans nœud. Ce montage permet une optimisation de la position de l’hameçon pour assurer une piqûre correcte sur la lèvre inférieure. Parfois je rajoute un petit plomb sur le cheveux ce qui me permet premièrement de positionner mon hameçon correctement sur le fond et deuxièmement de transformer des pop-ups en esches équilibrées. La canne est remise en place, un calme s’est installé, les chevesnes ont déserté la zone, les delkims sont muets comme des carpes.

Le froid tombe et s’installe dans la vallée de ce lac, seul raisonne le cri d’une chouette… A 21h45, la canne replacée peu de temps auparavant s’emballe…yessss…une touche franche, c’est sur pas un chevesne. Le combat est puissant, le poisson sonde dans la rivière et entraîne des herbes sur le corps de ligne, ce qui complique le combat et je ne veux pas décrocher une seconde fois. Au final, une belle commune vient se glisser dans le filet… Un pur moment, oui c’est toujours un instant spécial quand on arrive à mettre un poisson sur son tapis de réception quand la pêche est difficile, tout le monde connaît cette sensation. La piqûre est très propre cette fois ci, le fonctionnement mécanique du montage a été parfait. Le reste de la nuit sera calme, très calme, à mon grand regret. Vers 23h30 le ciel s’est dégagé et à laisser place à une belle nuit étoilée qui a permis au froid de s’exprimer avec un –10 °C au petit matin.

Les amplitudes thermiques de début de saison nous occasionnent des difficultés pour faire des pêches régulières. Après avoir épuisé cette jolie commune en début de nuit, je pensais vraiment faire d’autres poissons. Le phénomène météo en a décidé autrement une fois de plus.
La nature nous parle, à nous de la comprendre…

Paysage de début de saison

Sinkers !

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