14.06.12

Quand la nature se déchaine !

par Stéphane Lemée

"Session de 7 jours sur un barrage bien connu du Sud Ouest. Etant sur une période de vacances scolaires, je savais que la pression allait être forte, malgré des conditions de pêche délicates, fonte des neiges du plateau voisin et niveau du lac des bas.
Donc mon objectif allait se s’orienter vers du rodage avec des actions très courtes sur chaque poste prospecté, en me fixant fixé au maximum 12 heures sans touche sur chaque zone.
Arrivé sur le site en fin de matinée, mes doutes concernant l’activité des carpes furent très vite confirmés, aucun poisson depuis 4 jours !
J’ai pris l’option d’aller sonder les profondeurs proche du barrage, en estimant que l’eau, grâce à l’inertie thermique de la masse, avait encore gardé quelques degrés bienfaiteurs ! Toutes les cannes furent donc plongées dans au minimum 12 mètres avec pour seul amorçage 6 bouillettes dans un sac soluble. Des ondées s’invitèrent dès la tombée de la nuit et quelques gardons de fond animèrent ma première nuit. Au lever du jour, un fox se mit à « greloter » vigoureusement… Une commune de 12 kg venait de succomber à un bonhomme de neige 24 mm perdu dans 15 mètres.
Les conditions se désagrégèrent sérieusement en milieu de matinée et la météo du smartphone indiquait « grosses pluies, gros vent pendant 3 jours et surtout une baisse des températures de 10°c liée au vent du nord annoncé » ! Je tentai une nuit supplémentaire espérant un nouveau départ. Les gardons me « pourrirent » sérieusement toute la nuit malgré des profondeurs de 18 à 20 mètres ! Et quand il pleut des « cordes » ce n’est pas marrant !
6h00 sonna au clocher du village médiéval perché en face de moi sur son éperon rocheux et à nouveau le même fox me fit monter l’adrénaline. Une splendide miroir de 14.6 kg avait également gouté à mon « Snow man » des profondeurs.
Décidé à roder, je chargeai tout pour aller exploiter un coin qui, quand les éléments se déchainent, amène des belles surprises. Une pêche de murets de bordure me tentait, car j’avais envie de tester un montage pour pêcher à la verticale de mes scions. A peine deux heures que mes cannes étaient posées, qu’un départ de folie me confirma qu’elles avaient quitter les profondeurs pour glaner des « bricoles » tombées des arbres par cette pluie diluvienne qui me pourrissait la vie depuis 10 heures déjà ou sous les pierres fraichement immergées par la future et probable montée des eaux. Mais elle gagna le combat en me coupant net ma tête de ligne sur une crête de schiste. L’eau montait de façon intéressante, environ 10 cm à l’heure. J’exploitai de faibles profondeurs et les noisettes tigrées s’invitèrent sur deux de mes cheveux. En trois jours, 6 départs égayèrent mes journées maussades et humides, une grande commune m’apporta un rayon de soleil en faisant glisser l’aiguille du peson vers la barre des 20 kg !
Un genre de buse tombée dans l’eau pendant une des tourmentes, que j’avais sauvé de la noyade passa 24 heures avec moi « au sec » sous mon brolly, malheureusement elle mourut le lendemain. Sans doute était-elle malade avant de plonger dans les eaux verdâtres du lac. L’eau ayant pris 2.5 mètres, seule ma petite plateforme subsistait hors de l’eau ! Dès l’arrêt de cette maudite pluie, je devais décamper car elle continuait son ascension des berges de façon inquiétante !
A la première accalmie, direction, loin un champ immergé fendu par un autre muret, bien connu des autochtones ! La nuit sans pluie, la première de la session, fut d’un calme bien triste et surtout je comptabilisai 12 heures sans touches ! Alors « cap » vers une ferme immergée où les écrevisses foisonnent dès que l’eau se réchauffe. Or pour cette occasion, elle avait perdu depuis mon arrivée 3°c et titrait un petit 9°c ! Ca se compliquait, l’eau avait atteinte presque la côte maximum et surtout avait pris sa pâle couleur de neige, cela augurait rien de bon! Pas bon du tout !!!! Il me restait que 24 heures, j’avais fait déjà ma pêche, alors je décidai de replonger tous mes montages dans les profondeurs troubles de ce lac où à tout moment une pêche légendaire peut s’inviter, même si on constate qu’elles sont devenues très rares ! Tant mieux d’ailleurs !
Des bonhommes de neige de 20 mm associés à une noisette tigrée allégée se baladaient entre 8 et 20 mètres, un amorçage au sac soluble pour ne pas éveiller leur méfiance et garantir des montages efficaces. Une commune de 10 kg confirma qu’elles avaient à nouveau plongé dans les profondeurs pour se protéger de l’eau froide venue de l’amont, en gobant mon wide gape dans 20 mètres en pleine après midi et une autre 1 heure avant de plier et de rentrer « at home » au chaud et surtout au sec.
7 jours et 4 postes différents furent exploités dans des conditions dantesques, pluie, froid et vent du nord furent quotidiennement un handicap, mais 8 poissons étaient venus me récompenser et me donner un prochain et énième rendez-vous…"



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