29.01.15

Salag' le Goulag

2015, la saison débute tranquillement sur des températures... froides. Le fleuve toujours en crue, les plans d'eaux à moitié gelés, bref, ce n’est pas la joie ! C'est décidé, on va « récupérer » quelques degrés dans le sud, direction le mythique lac du Salagou !

Il est des sessions comme celle-ci qui marquent plus que d'autres. Un beau défi pour cette première grosse session de l'année : essayer de prendre un poisson chacun en 9 nuits. Arrivés sur Celles, le niveau extrêmement haut et la couleur inhabituellement marron du lac nous interpelle. D'après un local, depuis les crues de fin d'année les couleurs rouges qui tapissent les bords du lac ont déteints sur l'eau. Ce détail nous laisse un peu perplexe... Prise de température : l'eau oscille encore entre 9 et 10 degrés en surface.

Comme chaque hiver, l'ancien village de Celles est pris d'assaut, soit disant une bonne zone de tenue à cette saison... Plusieurs équipes (certainement des collègues) de tchèques monopolisent la zone depuis quelques semaines. Une équipe d'allemands est en place au fond de Liausson, mais à part cela/ceux là, le lac est assez « free ».

Les premières nuits se passeront sur un poste 4 étoiles, histoire de se poser tranquillement, se renseigner un peu, bref prendre la « température » du lac. Ici, les fonds sont très abrasifs, tête de ligne obligatoire. J’ajoute une buldo en butée un mètre sous la surface juste au dessus de mon « Safe Zone Lead clip » pour que ma ligne se pose au-dessus des herbiers. J'essaye de pêcher dans très peu d'eau sur un plateau bien dur en plein milieu des herbiers, le spot est vraiment marqué à l'écho ; j'imagine une zone de tenue lors des bonnes chaleurs en après-midi ou sur le coup du matin (surtout avec une eau à cette température). Je pars sur une pêche assez « fine » niveau amorçage, peu d'appâts par spot, on pêche vraiment pour un poisson !

Les trois premières nuits sont stériles, la dure loi du lac ! Nous sommes déjà restés bien trop longtemps sur ce poste. Depuis le début de la session (et même avant), on « crame » une bonne partie de notre temps à suivre la météo et surtout le vent. Une prédominance au Nord-Ouest semble se dresser depuis quelques jours, c'est décidé on décolle sur une large pointe pas très connue mais qui nous offre une belle ouverture sur le lac.

Je décide d'utiliser mon bon vieux combi-rig en XT-Snag et en terminaison la tresse Dark Matter. Le vent prévu nous obligera certainement à laisser les montages pendant 48h dans l'eau, et avec ce montage, je suis ainsi sûr que ça pêche même plusieurs nuits de suite.

La seconde nuit, le vent se lève enfin plus sérieusement. Les clapotis de l'eau sur la coque du bateau sont plus forts, le Tempest bouge mais reste solidement en place ! Au matin de ce sixième jour, la confiance est plus que jamais là, la réussite toute proche. Même si le moral commence à doucement nous lâcher, je sais que ce vent peut vraiment dénouer la pêche. Cappuccino en main, mon regard ne cesse de regarder les cannes qui n'ont pas bougées depuis notre arrivée. Comme si je l’attendais, le savais, quelques bips se suivent et le scion se courbe légèrement, c'est sûr, quelque chose est « pendu » ! Malgré les creux de plus en plus profonds, je monte dans le bateau tout tremblant. Électrique à fond en direction du poisson, j'essaye de me concentrer sur lui mais aussi sur ma sécurité, le vent me pousse sur la falaise, il faut faire vite, je tire fort sur le poisson, passage en surface et... YES ! Cri de joie ! Ce n'est qu'un pin's, un carpeau, mais un fish du Salag' !

Après un tel effort physique, moral et psychologique dans cette session, même un « petit » poisson peut vous apporter un sentiment de satisfaction et de fierté personnelle énorme !
L'année commence sur cette belle session pour moi ; et je vous souhaite d'avoir le même succès lors de cette nouvelle saison !

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