11.04.14

STRATEGIE LOURDE

Par Alexandre Coulon


Une nouvelle destination, inconnue de tout le monde jusqu'alors, du poisson qui n'a jamais vu un pêcheur et qui n'associe pas nos esches végétales à de la nourriture, tel est la situation dans laquelle nous nous retrouvons avec Anthony pour cette pêche de deux nuits. Le plan d'eau semble abriter des "grosses têtes", du moins c'est l'impression que nous avons lorsque nous voyons monter de gros dos au loin lors de notre pré-amorçage la veille. La dose implantée lors de cette période d’accoutumance semble irréfléchie, énorme , mais qui n'ose pas sortir des règles ne saura jamais se démarquer dans sa pêche. En effet, pour appuyer cela, je pense qu'un gros poisson peut manger d'un coup énormément, et surtout se fixer sur un appât si celui-ci répond à ses attentes, et là la pêche peut se débloquer et se transformer en un réel carton, mais pour cela, il faut qu'il y est de la "bouffe" sur le coup, si c'est un groupe de poissons, d'autant plus. C'est vraiment un coup de poker, mais un coup bien réfléchi et qui découle de nombreuses informations et essais sur d'autres terrains à cette période de réchauffement rapide de l'eau.

On parle énormément des montages aujourd'hui, c'est vrai c'est important d'avoir un bas de ligne pêchant et qui présente bien suivant la situation mais c'est encore plus important, à vrai dire primordial pour moi, d'être sur qu'il y est à manger sur le spot lorsque les carpes passeront.
La pièce tombe, c'est pile, j'ai la pleine eau, Anthony la bordure. Avant tout je sors la canne à sonder, même avec la tresse j'ai du mal à trouver quelque-chose de propre, je crois même ne jamais avoir sondé de substrat pareil, ça semble dur mais mon plomb est retenu. Je répète l'opération, même constat partout. Le seul montage qui à mes yeux peut donc pêcher dans ces conditions est un bon "vieux" hélico. Côté terminal je sors deux petits bas de ligne raides, mes nœuds sans nœuds en Hybrid stiff montés sur Choddy font merveilleusement le taf partout, pour moi c'est le montage simple par excellence, qui a pris beaucoup de poissons et continuera certainement à en prendre énormément. Un Corn et une bille, du classique encore sur mon cheveu mais ça présente bien. A l’aspiration, l'esche a le poids d'une bouillette, le poids de l'hameçon rendu nul grâce à la flottaison du plastique. Bref l'approche est simple, rien ne sert de faire compliqué lorsqu'on part sur de gros amorçages car je suis sûr que le poisson va manger en agrandissant sa confiance au fil de son alimentation sur mon spot.

Les heures passent et défilent, le poisson est sur la zone mais les touchent n'arrivent pas, nous essayons de trouver une solution, c'est extrêmement frustrant de voir le poisson bouger, manger mais de ne rien pouvoir faire. La première touche est timide chez Anthony, ferrage dans le vide, il ramène son montage plein de "weed". C'était donc ça qui "retenait" mon plomb. Il prend une décision simple et qui nous suivra tout au long de la session, enfermer son esche dans du stickmix de chez Mainline, qui tient bien et protège notre esche. Décision payante puisqu'il enferme 3 poissons en deux heures. De mon côté mes essais au chod bien que permettant de pêcher "propre" sont négatifs. Le poisson est vraiment fixé sur la bille, alors je ressort les nœuds sans nœuds, et là ça commence à payer, son expérience va nous sauver la session! Ainsi j'enregistre mes premières touches en pleine nuit, je pose les poissons sur mon tapis complètement gelé, le sac de pesé est vraiment collé au tapis, et dire que quelques heures plus tôt je sortais les tongs... Le froid s'installe sérieusement, lors de la dernière touche de cette première nuit, au ferrage j'entends le gel qui enfermai mes blancks craquer et le poisson monter en surface, c'est vraiment lourd, en effet le peson indiquera 30lb +, yes!

Les journées sont vraiment calmes, la différence de température entre la journée et la nuit est impressionnante, plus de 20 degrés! Nous qui pensions que les journées seraient ponctuées par quelques touches, les carpes ne mangent apparemment que la nuit, au moins la journée c'est bronzette et zig party!

La deuxième nuit m'apporte quelques poissons dont une pépite de l'espace, une vieille miroir vierge de toute piqûre encore. Mon corps est gelé mais mon coeur brulant de joie! Encore une approche payante, reste à la mettre en place dans les bonnes conditions, mais pour ça, il faut être au bord de l'eau, c'est vraiment maintenant que ça se passe!

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