12.08.16

Stratégie de la dernière chance

Il est des semaines, des jours ou des instants où rien ne va ! Bon grès, malgré notre organisation la plus positive qui soit, rien ne fonctionne comme prévu. C’est aussi quand aucune intention ne va dans le bon sens que notre passion et notre mental sont soumis à rude épreuve.
C’est peut-être aussi ici que l’on apprend le mieux ! Nous obligeant à piocher dans nos retranchements la solution provisoire pour mener à bien notre pêche. Pour le peu qu’on en est envie bien sûr !

C’est ce qui m’est arrivé, assez récemment en cette fin mai 2016. Ma situation familiale est assez délicate et la pression de mon travail en rajoutant quelque peu, je décide tout de même de partir quelques jours à « taquiner » les carpes. J’étais pourtant prêt à annuler mais je me suis dit que cela ne changerai pas grand-chose et qu’au contraire ça me ferait plutôt du bien. Je prépare donc mes affaires à l’improviste, prend quelques appâts et commence à charger la voiture.

Je n’ai même pas regardé la météo prévue pour les jours à venir. Lourde erreur de ma part puisque sur le trajet je m’aperçois que la pluie s’est invitée. Ce n’est d’ailleurs qu’un préliminaire compte tenu de ce qui va suivre. Je vais pêcher pour cinq jours environ et à quelques encablures de l’arrivée, une légère éclaircie me permet tout juste de m’installer sans être trop trempé. Je commence à sonder que rebelote la pluie remet ca ! je finirais la prospection des fonds ainsi que le début de la séance de spomb quelque peu humide.

Je prospecte une zone se situant dans un coin du lac avec des bordures en virage, encombrées sur ma gauche, où 22 et 11 longueurs de canne me permet sans difficultés d’approcher les arbres immergés. De plus l’amorçage se fait en faisant le tour et le long de la bordure, à la fronde. Côté droit, le flotteur et le spomb m’orientent également à 22 longueurs sur un plateau de 3m50 tout autour d’une dominante meuble de 4m50. Anomatic fish sur la gauche en double diamêtre ! et les célèbre banoffee sur le plateau de droite. Mes deux billes préférées (avec aussi la peach cream) seront couplées au pellet « the Cell » response de chez Mainline et de chènevis.

Le Fosoil et le Henspeed oil (Mainline) ajoutés aux préparations respectives. L’un pour l’aromatic fish et l’autre pour la Banoffee finaliseront l’attractivité d’un mélange bien gras et indicateur d’activités. Je m’aperçois dès mon arrivée que l’eau du lac est assez haute et que sensiblement celle-ci continue peu à peu sa progression. Pendant deux nuis et deux jours la pluie tombe drue et sans discontinuer. Le simple fait de sortir pour satisfaire des besoins naturels ou bien encore de ramener une « fichue » brème suffit amplement à être mouillé.

Pendant cette période désagréable, je capture un total de 7 brèmes que je « maudirais » autant que la pluie qui s’abat sur moi. Heureusement que j’ai en ma possession le fameux Tempest qui m’a permis de tenir coûte que coûte sur les nombreux assauts des dépressions et cela malgré l’absence de la surtoile, vraiment réconfortant !!

Un brin sauvage, d'une tranquillité absolue.

Un poste comme je les aime.

Il y a pourtant pas mal d’activités de carpes en surface et ne semble pas vraiment en dire autant sur le fond. De plus l’apparition de brème sur la zone, et contrairement à ce que l’on pense, n’est pas réellement un bon présage de présences de carpes, en tous les cas sur les zones amorcées. Par ailleurs j’aperçois de plus en plus de carpes fréquentant les bordures très proches du fait de la hauteur d’eau exceptionnelle envahissant les roseaux habituellement au sec ! Les carpes donnent aussi de plus en plus de signe, d’un rassemblement d’une fraie, loin d’être finie ou commencée. La « loose » comme dirait Bruno !

Je décide le lendemain de changer de place et à faire plusieurs voyages sur l’opposé de la surface précédente, un autre poste formant un angle et sur la même banquette de berge. Ce dernier repéré précédemment où des « extrême bordures » inondées sont plus qu’intéressantes à pêcher. Avec de nombreux passages de carpes en quête de déposer leurs œufs.

Quelques « navettes » plus tard et toujours sous la pluie, je me hâte à me réinstaller et de manière très reculer de façon à réduire les résonnances sonores. On change radicalement de stratégie ! Les cannes seront limitées au nombre de 3 et seront reculées au maximum, de manières à ce que les scions de ces dernières effleurent la bordure. Elles sont eschées avec des « leurres ». Des dumbells plastifiés Essential IB (12 et 16 mm) flottant et équilibrés. Les bannières sont détendues au maximum, les stou bobine au plus bas et les freins du moulinet très libres.

A 21h du soir, une touche violente se produit sur la canne de droite, située complètement dans l’angle auprès de roselières immergées. Après cinq bonnes minutes, le poisson insiste et longe la bordure de droite et fini par décrocher à quelques mètres de l’épuisette. Toujours la « loose » quoi ! Après de multiples tirées sur les bannières détendues et dans la nuit, je finis par capturer une miroir de 13 kg à 3h du matin. Sur la gauche posée à deux mètres du bord, mon appareil photo numérique refusant de fonctionner, faute de piles, ne me permet pas d’immortaliser cet instant mais c’est déjà un petit progrès. Tout autour du lac c’est plus que calme avec un poisson par-ci par là. Seul Tony un ami rencontrer ici parviens à faire quelques carpes le long d’une grande île et assez proche de celle-ci.

Les choses se tassent pour moi et la seconde nuit ici reste improductive. Je décide de relever les cannes et d’attendre que les carpes reviennent faire un passage en bordure. La pluie redouble d’intensité et je m’apprête à me rallonger un peu quand soudain j’aperçois trois carpes de belle taille, très prêt du bord et se dirigeant dans l’angle du poste. Je me dépêche aussi vite qu’humainement possible à remettre les trois cannes lorsqu‘elles feront demi tour. L’exhage est reconduit de la même manière, sauf que je remplace l’Essential IB par le fruity squid (rose) sur une des cannes. Une fois déposées très près de la bordure et les bannières coulees a l’ancienne, à l’aide de petites pierres ou de petits branchages. Je m’abrite sous ma petite intendance avec un café. Deux gorgées plus tard et à peine audible sous cette pluie, j’entends un son grave. Il s’agit d’un départ violent sur la dumbell rose. La carpe prise s’échappe dans les profondeurs du secteur et après une bonne quarantaine de mètres de nylons touchdonw 12LB5 sorti, je finis par stopper lentement cette furie. Je pompe tranquillement pour éviter un latéral fatal sur les bords encombrés. J’aperçois peu à peu les reflets d’une carpe massive. Après deux refus devant l’épuisette, j’épuise enfin une grosse miroir ! Probablement la première de « cordée » des trois carpes passées quelques minutes plus tôt, celle-ci étant large et épaisse. Je suis soulagé et malgré qu’il pleut toujours, je suis heureux.

Je pèse la carpe à près de 25 kg ! 24.4 kg exactement. Je retrouve des piles pour mon appareil photo numérique par miracle ! et la séance photo peut commencer.

Il est maintenant tant de partir, les trois quart du poste sont envahis d’eau et celle-ci continu toujours de montée !
Tout est trempé mais ce n’est rien compte tenu des dommages infligés aux différentes régions sinistrées par la montée des eaux environnantes.

Il faut donc relativiser des malheurs que l’on a eus et se contenter largement de cette récompense inespérée ! D’autres n’ont pas eu cette chance !!!!

Je suis aux anges...

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