07.11.13

Tiger Power

Par Romuald BAYON et Julien BLOT

Partir à l'aventure sur un nouveau lieu de pêche fait partie intégrante de ces petits plus d'excitation, de piment dans notre passion. D'autant plus lorsque vous avez l'opportunité de mettre un pied sur un lieu sauvage, très peu pêché hormis par l'ami du propriétaire, pêcheur au passage, qui nous autorise pour le coup à poser le biwy. Grâce à sa gentillesse et son envie de partager, nous partons tous les deux sur ce nouveau terrain de jeux d'une trentaine d'hectares. Les nombreux kilomètres qui nous séparent ne nous freinent guère et le simple fait de pouvoir tendre les lignes à cet endroit nous donne des ailes. Dans ces situations, j'essaie toujours de prendre le maximum de renseignements, afin "de me mettre dans le bain ", comme on dit. Mais là, rien, ou très peu d'infos concrètent, que ce soit sur le cheptel, le lieu et autre. Pas de soucis, l'aventure c'est l'aventure et on aime ça. Pour ma part, j'ai trois nuits pour essayer de comprendre un peu le lac, contre deux nuits pour Julien. Court, certes, mais c'est déjà mieux que rien. Arrivé sur les lieux, chacun choisi son spot et c'est parti pour une exploration en bateau canne à la main pour tâter un peu le fond. En effet, à notre arrivée nous apercevons du bord beaucoup d'herbiers dans cette eau clair. Le simple fait de prendre une canne avec un plomb permet de sonder efficacement la nature du sol, pour y déposer les montages sur une zone propre. A chaque périmètre dégagé, c'est un repère qui est déposé. Le repérage est minutieux et prend beaucoup de temps au vu des nombreux herbiers sous l'eau et en surface. Une fois posé, l'amorçage peut débuter avec deux approches différentes. J'opte pour une pêche à la bille pure en ce début d'automne, malgré un lapse de temps court pour conditionner les poissons. Quand à mon coéquipier, c'est à la noix tigrées et aux micros graines que tout s'engage. Nous pêchons fort de fer avec les hameçons Kontinental et Wide Gape X sur lequel Julien vient mettre sur le cheveu deux noix tigrées. Une toute simple et l'autre perforée à l'aide du Bait Drill et d'un morceau de liège qui permet d'alléger l'appât et ainsi proposer à la carpe un montage équilibré, le top en termes de présentation sur ce lit de micro graines. Le crépuscule se fait sentir avec une légère baisse des températures, mais sans plus par rapport à la saison. L'absence de vent de jour comme de nuit avec un ciel couvert ne nous incite pas à nous calfeutrer dans le biwy mais plutôt à prendre un bon thé et blablater encore et encore. C'est d'ailleurs dans ce lapse de temps que Julien ouvre le bal avec un rush puissant sur une canne en bordure pour finalement casser et perdre le poisson. Décevant certes, mais encourageant tout de même pour cette première partie de nuit. La fatigue nous guète et c'est la tête pleine de rêves et d'espoir que nous partons faire un somme. Très tôt le matin, j'enregistre à mon tour un départ et décolle les yeux à peine ouvert affronter le poisson en bateau. En effet, avec les herbiers en masse, le poisson se tanke directement dans celui-ci. Le boat est alors indispensable pour venir à l'aplomb et ainsi reprendre contact. C'est d'ailleurs ce qui se passe à cette seconde même, où frein serré je me fais avoir comme un bleu par la violence du rush et casse à mon tour. Pas possible !!!! Au petit matin, après avoir reposé les montages, je me dirige vers Julien pour savoir si son sac de conservation abrite un poisson mais rien de plus pour lui durant cette nuit. Cela ne nous décourage pas, bien au contraire. La pêche suit son court sur cette seconde journée tout en gardant pour chacun d'entre nous la même stratégie.

Des signes apparents sur le coup de Julien nous alertent à plusieurs reprisent. Les poissons ont l'air d'être bien actifs et cela se confirme sur ces dernières heures de pêche avec la prise de deux communes sauvages, toutes en longueur et si atypiques du lieu. Tandis que de mon côté rien ne se passe, hormis ce premier run qui me reste en travers de la gorge. Repartir capot est inconcevable pour moi et j'opte pour la même stratégie que Julien avec deux cannes à la tiger sur mon spot et deux autres sur le sien. Julien est heureux de me proposer son reste de graine avant de reprendre la route. Ce qui pour la dernière nuit m'assura sur son spot de mettre au sac une jolie commune bien sombre. Un super souvenir suite à ce combat mémorable en pleine eau sous un ciel éclairé par la lune avec en prime les oies en pleine migration qui passent au dessus de ma tête, le pied total. On retiendra donc qu'après une histoire de partage, il nous aura fallu pêcher comme le dit si bien Julien en mode "Tiger Power".

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