06.04.13

Une lueur d'espoir - par Romuald Bayon

En cette fin d'hiver, la pêche reste délicate à aborder de par les conditions sibériennes que nous contraint à subir notre douce France. J'ai beau scruter la météo, écouter sans cesse les commentaires répétitifs de Catherine LABORDE mais rien n'y fait. La douceur annonçant l'arrivée du printemps n'est pas de mise pour ces premiers mois de l'année. Qu'importe, il faut bien se lancer et l'envie de mettre à nouveau un poisson au tapis me turlupine de plus en plus chaque jour. Les périodes d'alimentation de nos cyprinidés sont rares même si j'aime bien garder en tête qu'il est toujours possible de faire succomber une de ces belles. Je me dis souvent que le facteur chance n'est pas dû au hasard mais bien à celui qui la provoque. Je pars donc pour une courte session de 48h par des conditions exécrables, de par le froid mais aussi la pluie. Sur la route, le thermomètre de la voiture annonce 4 °c en cette fin de matinée mais il m'en faudra plus pour me décourager et renoncer. Arrivé sur les lieux je suis "light "en terme de matériel et me presse de monter mon Aqua M3 dans une zone à l'abri du vent. Il y a plus d'épaisseur de pull et veste sur moi que de matériel à porter et donc tout cela se monte très vite. D'ailleurs, la température de l'air ne montera guère au cours de cette première journée au décor sombre et brumeux. Les quatre cannes sont montées sur des piques et lancées du bord sur des zones plus calme que le reste du plan d'eau balayé par un vent froid accompagné de quelques averses aux gouttes glaciales. Pas besoin d'avoir la main lourde ce week-end et c'est juste avec un peu de method mix mélangé à des micros pellets que je confectionne mes sticks à l'aide du Longshuck Funnelweb. En enfilant ce petit stick PVA rempli de ce mélange attractif sur mon bas de ligne, je sais que si un poisson vient à fouiller, il n'en sera que très attiré. A cela j'esche de petits appâts épicés auxquelles je viens ajouter la moitié d'une pop-up jaune fluo bien boostées et de petit diamètre comme pour mes hameçons, les wide Gape de taille 8. Je mise tout sur l'attraction avec mon mélange ainsi que l'aspect visuel et odorant de mes appâts mais en faible quantité. Mon bas de ligne rigide grâce à L'hybrid stiff me permet de venir enfiler mon stick et de bien venir se plaquer sur les abords du plan d'eau où demeurent mes montages. Ceci étant fait, les premières 24h me laissent sans signe apparent, pas la moindre activité, pas le moindre bip mais juste la sensation d'un temps froid et encore un peu humide même si la pluie s'est arrêtée. Au dernier soir, c'est bien réchauffé d'une soupe chaude et d'un bon thé que je trouve sommeil par une nuit étoilée. Cela me permettra de passer une bonne nuit jusqu'à l'aube où ma centrale retentira pour la première fois de la session. J'ai à peine le temps de sortir et de voir que tout est blanc au sol que je saisie la canne pour prendre contact. Je ne sens pas d'à-coup, mais juste un poisson bien déterminer à en découdre. A cette période les poissons sont très vivaces et les combats n'en sont que très intensifs. Mais je fini par la glisser au fond de l'épuisette qui du même coup était gelé avant la mise à l'eau. Je vois à la frontale et lors de la levé du filet que le poisson est d'un poids acceptable. Ce qui me réchauffera davantage le cœur car mes mains sont gelées et tout ce qui est autour par la même occasion. Au simple contact de l'eau et de l'air tout se met à geler. Il s'en suivra de jolis clichés pour immortaliser ces moments magiques où finalement il aura toujours fallu garder une lueur d'espoir.

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