11.11.14

Une mine d'or

par Quentin Aubugeau


Après des mois sans avoir pu passer une nuit entière au bord de l’eau, c’est avec satisfaction que je planifie cette session en binôme. Nous sommes la semaine du 15 Août et c’est l’occasion de profiter du week-end prolongé.
La destination ne m’est pas inconnue mais presque, je n’ai eu l’occasion d’y tremper les montages qu’une seule fois et c’était un an auparavant à la même période. Cependant, j’avais pu avoir un avant goût du potentiel de cette gravière d’une quinzaine d’hectares, qui semble produire des miroirs à la robe granitée caractéristique.

Le rendez-vous est pris pour faire la nuit du 14 au 15, je ne sais pas si c’est l’idée de retourner dans ce lieu si spécial à mes yeux ou tout simplement l’excitation mais je ne fermerai pas l’œil de la nuit du 13 au 14. La journée de travail se terminant, c’est sans tarder que je prends la direction de ma destination. Trente minutes de route sont nécessaires pour retrouver ces berges qui m’ont hanté la nuit passée.

Le ciel est chargé et il ne tarde pas à s’abattre sur nous, retardant quelque peu notre installation sur le poste. Nous nous réfugions dans une de nos voitures afin de laisser passer ce gros grain. Ceci nous permettra de mettre en place nos stratégies respectives et de choisir nos postes. Une légère accalmie me permet de monter le brolly et les cannes. Etant au sec, j’en profite pour préparer mon stick mix à base de produits issus de la gamme Mainline. Les poissons étant très rarement péchés j’opterai pour un amorçage épars à la graine et au pellet afin de très vite créer une concurrence alimentaire.

Un des gros avantages de cette gravière est sa très forte population de carpes et d’amours blancs ainsi que de gardons. Il n’y a que très peu de brème, ce qui permet l’utilisation de petites esches. La nourriture naturelle se composant essentiellement d’invertébrés, de corbicules et de petites écrevisses.
Les montages utilisés se devaient d’être efficaces mais résistants car l’hors de la ma première session sur cette gravière j’avais été surpris par la combativité des poissons. De plus la présence d’obstacles divers (arbres immergés, blocs rocheux, cassures abruptes, etc…) ne permettait pas de laisser trop de marge aux poissons une fois piqués. J’utilise quasi exclusivement les combi rig que j’adapte en fonction de la situation.
Pour cette session, j’ai opté pour un arrangement avec un Kaptor Kurv Shank taille 6 monté en KD sur de la Super natural en 25lbs et un IQ en 25lbs également. Je termine mon montage avec un Anti Tangle sleeve et un Hooklink clip, très pratique pour l’utilisation des sticks. Niveau eschage je suis resté en accord avec la préparation de mon stick mix. J’ai porté mon choix sur les Dumbell hookers the cell surmonté d’un pop up corn pour alléger l’ensemble.

Ca y est les deux cannes sont expédiées chacune sur un lit de graviers en lisière d’un fond plus vaseux. Les heures passent et c’est mon binôme qui enchaine les départs, à ses dires rien d’alarmant car les poissons naviguent beaucoup et le poste que j’occupe est beaucoup plus productif une fois la nuit tombée.
Et la théorie s’est vérifiée, à mesure que la luminosité baissée les touches pour le collègue s’espaçaient et l’activité sur mon spot ne faisait que croitre. Je fis mon premier poisson à 22h, un amour blanc de taille moyenne « calibré » aux dires du binôme. En effet, ces derniers ont été introduits afin de réguler la prolifération de peste d’eau. Les amours sont installés sur le spot car j’en pique 6 dans les deux heures suivant la capture du premier.
Il est maintenant 2h du matin et je n’ai pas dormi depuis près de 40h et la fatigue se fait de plus en plus sentir. Je préviens mon collègue que je me couche et qu’il est probable que je ne me réveille pas si départ(s) il y a. Pas manqué, il prendra, sur mes 4 amours entre 2 et 4h. A 4h30 un départ fini par me sortir de mon « coma », c’est enfin une belle miroir que je glisse dans la filasse, je m’empresse de la glisser dans un sac et replacer ma canne.
Je piquerais 3 autres miroirs avant que la lueur du jour ne perce, n’ayant pas pu me rendormir je suis aux premières loges pour admirer un magnifique levé de soleil.

Nous profiterons des lueurs matinale afin d’effectuer quelques clichés des belles de la nuit. C’est avec une grande surprise que je découvris dans un de mes sacs un poisson familier. En effet, quasiment 1an jour pour jour après je tenais à nouveau ce poisson magnifique dans mes bras, ce fut la cerise sur le gâteau qui clôtura cette session mémorable.
C’est avec un léger pincement au cœur que nous avons quitté cette gravière, qui définitivement est une mine d’or, la preuve

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