09.01.15

Une nuit en hiver

par Alexandre Coulon.

L'hiver est certainement la saison qui demande le plus d'humilité. Les nuits sont froides et longues, souvent humides. Les capots sont plus courants, parfois se suivent plusieurs sessions d'affilé. Mais celui qui à le courage de braver l'hiver et ses conditions difficiles peut avoir le plaisir de connaître des instants magiques. L'atmosphère silencieuse, presque religieuse que revêt cette saison est à elle seule un cadeau de la nature ; la prise d'un poisson étant le détail final qui parfait une partie de pêche.

Cette fois ci, je n'ai que 24h pour prendre une carpe. Mon approche est accessible, je la résumerai par cette phrase : L'hiver, prends la température ! Si la prise de la température de l'eau est d'une grande importance, c'est bien au sens figuré que cette phrase prend du sens. Même si je n'ai que très peu de temps de pêche, je m'intéresse à l'activité de TOUS les poissons. Vous allez comprendre que cette (apparente) perte de temps peut devenir un grand gain.

Nous sommes de plus en plus à profiter de ce que l'on appelle la « concurrence alimentaire ». Cela revient à attirer les poissons blancs et autres petits poissons sur le « spot » pour que cette activité attire les carpes. Mais l'hiver, c'est totalement différent, je m'explique. Ce serait une énorme perte de temps de poser sur le fond des petites particules en pensant attirer les blancs alors que ceux-ci sont... absents. Imaginez qu'une carpe se « présente » face à ce spot tapissé de petites particules. Quelle est la probabilité qu'elle mange votre appât parmi tout cela/ceux-là ?

Prenons un exemple : La carpe mange peu l'hiver, mais il lui faut de la nourriture solide, peu contraignante à manger et à digérer. Et vous, vous lui proposez des centaines de micro particules durent à « filtrer » parmi les autres sédiments. Quelle perte de temps ! Vous passez certainement à côté de votre pêche sans même le savoir en mettant cet échec sur le dos de l'inactivité.
Je ne remets pas du tout en cause l’emploi des particules l'hiver ; d’ailleurs la stratégie peut être très bonne lorsque les poissons blancs sont encore influents.

Fort de cette remarque, j'aime (à cette saison) proposer en début de pêche une amorce légère et réduite couplée à des micros esches : par exemple un seul Maïze dans un sac soluble. Hormis le fait que cette approche peut vous apporter une touche très rapide, c'est bien un indicateur fiable et précis de l'activité du plan d'eau (bien que la technique s'applique aussi en barrage ou en rivière.

Au fait... les premières heures de cette session sont longues et capricieuses, même mes maggots sont boudés par les blancs. Ces derniers sont totalement inactifs et il serai donc utopique de devoir les attendre pour espérer prendre des carpes. J'inverse donc la méthode et décide de proposer directement de la nourriture solide aux carpes, là des bouillettes. J'aime souvent les coiffer d'une petite pop-up comme d'une clock-work infuzée de jus de citron ou d'une milky-tofee. J'y reviendrai dans un prochain article, mais (encore une fois) l'hiver, préférez peu d'appâts de bonne qualité (l 'odeur n'est pas une qualité) à une tonne de mer.. !

La méthode, surtout la réflexion, bien que simple (mais d'une importance souvent bafouée à cette période) m'a permis de prendre cette nuit là 4 carpes, alors que parfois, en prendre une seule sur ce plan d'eau (public je précise) relève de l'exploit... Inutile de plus en dire !

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