11.03.14

waiting for a key

Par Alexandre Coulon

Je ne pouvais me résigner à revenir cette fois encore, malgré les défaites, me poser au bord du mystère, de l'étendue inconnue que je viens bouleverser, du lieu que j'essaye de garder sauvage bien qu'entretenant une présence hebdomadaire à ses côtés. Travailler à trouver une clef qui fonctionne réclame patience, amour de ce milieu et ambition pour trouver la joie, le fruit de cette présence régulière.

Et la quête de ce sentiment me pousse une fois de plus à répondre présent à l'appel des berges. Mes trois échecs précédents à l'esprit, j'ai à cœur de donner le meilleur de ma pêche et essaye de ressortir tout ce qui m'a réussi précédemment dans cette saison. J'étale tout sur ma table et prend un choix, un montage, une esche, et finalement ce sera un combi-rig coiffé d'une petite dumbell et d'un Corn qui consistera la sélection du jour !

Les quelques heures passées les jours précédents à la poursuite des poissons m'ont permis de trouver deux endroits et d'en apprendre davantage sur la nature « encombrée » de ceux-ci. Il va falloir pêcher fort! Ainsi pour mener à bien la possible unique touche de ce speed fishing je monte mes bobines de tresse, puis de quelques mètres de gros nylons. Mais ce n'est pas parce qu'on pêche « hard » qu'il faut être grossier. Ainsi je place une bonne longueur de Kable et un gros plomb qui ne bougera pas dans la caillasse. Un petit stick de billes krushées sur le montage, puis j'enfile les waders et let's go !

J'avance peu à peu dans le plan d'eau, brisant le léger nuage de brume qui remonte de la surface de l'eau. Puis dans un dernier pas s'offre à moi cette magnifique bordure pleine d'arbres certainement bien plus vieux que mon jeune âge. Je sens le substrat devenir plus dur et quelques « crak » de brindilles craquent sous mon poids. Je pose donc le montage délicatement à mes pieds, parfait !

Le soleil pousse l'obscurité pour laisser place à un ciel dégagé apportant une chaleur qui est vraiment la bienvenue. Celui-ci semble prendre possession de cette journée, un point positif en hiver, et surtout dans des profondeurs ne dépassant pas le mètre sur une bonne partie de ce petit lac de plaine.

La température augmente franchement et une première touche arrive, main sur la bobine le poisson s'engage dans un gros rush et se décroche ; en une minute j'y ai cru, et dans ce même laps de temps mon espoir de poisson s'écroule violemment. Dur dur de retrouver le moral après cette décroche, et après l'énervement c'est bien le silence qui semble « écraser » ce moment. J'ai du mal à penser à autre chose. Les heures passent et le soleil semble s’abattre très, trop rapidement derrière moi.

Mais la journée n'est pas finie, le calme est soudain brisé par ce départ tant attendu, le moulin crache de sa tresse et le poisson remonte en surface, le combat est rapide mais puissant, typique d'une commune enragée de Loire !
Le poisson crève la surface et l'épuisette l'enferme d'un geste puissant, yes !

Ce poisson n'a encore jamais senti le fer d'un hameçon et le privilège d'être le premier à poser avec devant l'objectif est un véritable régal pour les yeux.

Simple plaisir pour certains, mais joie profonde et souvenir durable pour nous, carpistes !

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